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La FTQ-Construction et le Syndicat de la construction gagnent des membres

06/07/2012 08:21 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La FTQ-Construction et le tout petit Syndicat québécois de la construction (SQC) sortent grands gagnants du vote de changement d'allégeance syndicale dont les résultats ont été finalement dévoilés, vendredi, par la Commission de la construction.

La FTQ-Construction, qui représentait 42,9 pour cent des ouvriers avant ce scrutin, en représente maintenant 43,9 pour cent.

Plusieurs s'attendaient pourtant à ce que son membership baisse, compte tenu de la mauvaise presse dont elle a été l'objet, ces dernières années, de ses frictions avec la ministre du Travail Lise Thériault, sans compter le fait qu'elle a été pointée du doigt pour la fermeture de chantiers de construction, l'automne dernier.

Les trois autres organisations syndicales de la construction ont perdu des membres, à savoir le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, dit l'International (de 26,1 à 24,4 pour cent), la CSN-Construction (de 10,6 à 8,6 pour cent) et la CSD-Construction (de 14,1 à 12,7 pour cent).

La CSN-Construction, qui était au quatrième rang sur cinq, tombe même dernière, étant maintenant devancée par le Syndicat québécois de la construction, qui a vu son membership croître de 6,3 à 10,4 pour cent.

Au cours d'une rencontre avec la presse pour commenter les résultats, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, s'est montré enchanté des résultats. «La FTQ-Construction a toujours été la plus grande centrale, va continuer de l'être encore et on est encore plus grand qu'on l'était hier», a-t-il résumé.

Il se dit d'autant plus «heureux» de ses gains qu'il y a eu «beaucoup d'acharnement» contre la FTQ-Construction, ces dernières années, ce qui ne semble pas avoir affecté la confiance des travailleurs envers son organisation. Pourtant, en vertu de la nouvelle loi, la FTQ-Construction ne pourra même plus faire du placement de main-d'oeuvre sur les chantiers, ce qui était l'une de ses grandes forces.

«Ce sont les travailleurs qui expriment leur choix, hein? Si les travailleurs avaient été d'accord avec ce qui a été mis de l'avant par le gouvernement, bien ils auraient voté ailleurs. Mais ceux qui sont restés chez nous sont restés et il y en a même des nouveaux: un pour cent, c'est beaucoup dans l'industrie de la construction. L'acharnement n'a pas commencé hier. Ça fait quatre ans qu'on frappe sur la FTQ-Construction. Et je pense que les travailleurs viennent de lancer un message clair au gouvernement. Regardez, on n'est pas la plus grande centrale pour rien; ils nous font confiance», s'est félicité M. Ouellet.

Donald Fortin, directeur général du Conseil provincial, qui a, lui, perdu des membres, explique la montée du tout petit Syndicat québécois de la construction par le fait que, comme il offre peu de services à ses membres, comparativement aux grandes organisations, ses cotisations syndicales sont moins élevées. «L'annonce, par le gouvernment, de l'abolition du placement syndical a probablement incité certains travailleurs à dire 'à partir du moment où mon syndicat ne peut plus me placer, je vais aller là où ça coûte le moins cher'.»

Tout comme M. Ouellet, M. Fortin ne croit pas que le fait que ces deux organisations syndicales — qui représentent ensemble environ 70 pour cent des ouvriers — aient été pointées du doigt pour la fermeture des chantiers de construction, l'automne dernier, leur ait nui. La FTQ-Construction a au contraire vu ses effectifs croître, alors que le Conseil provincial a vu les siens diminuer.

Avec un brin de sarcasme, M. Fortin se réjouit du fait que «les syndicats qui se sont collés à la ministre (du Travail Lise Thériault) se sont plantés». Il fait ainsi alllusion au fait que la CSN et la CSD-Construction, qui approuvaient la Loi 33 qui a aboli le placement syndical, ont toutes deux perdu des membres.

À l'opposé, tant le Conseil provincial que la FTQ-Construction contestent cette loi, le premier devant la Cour supérieure, le second devant le Bureau international du travail.

Le vote de changement d'allégeance syndicale, qui aura désormais lieu aux quatre ans, en vertu de la nouvelle loi, s'est tenu par la poste pour la première fois. En fait, 173 580 ouvriers pouvaient changer d'allégeance syndicale, mais seulement 23 851 se sont prévalus de leur droit de vote.

Le vote a eu lieu alors qu'un conflit de travail frappe la Commission de la construction, chargée de superviser le scrutin. Les 600 employés de la CCQ sont en grève depuis plus d'un mois; ils sont membres d'un autre syndicat affilié à la FTQ.

Fait à noter, le dépouillement du vote était terminé depuis vendredi de la semaine précédente, de l'aveu même de la Commission de la construction, qui a pris plusieurs jours avant d'en dévoiler les résultats. Elle avait justifié ce délai par le fait qu'elle voulait cumuler toutes les données, mais à la FTQ-Construction, on laissait entendre que les résultats ne faisaient peut-être pas l'affaire de la Commission.

«On va faire une élection dans une population de 8 000 000 de personnes au Québec et on a le résultat à 10h du soir. C'est la première fois qu'il n'y a pas de conférence de presse; ils font ça par un communiqué. Peut-être qu'ils s'attendaient à une débâcle terrible de la FTQ-Construction», a avancé M. Ouellet.

La FTQ et la Commission de la construction sont en conflit sur plusieurs fronts, notamment à cause de la grève des 600 employés de la Commission, syndiqués à la FTQ. De plus, les 300 enquêteurs de la Commission qui étaient syndiqués à la FTQ se sont vu interdire par une loi d'être membre d'un syndicat affilié à la FTQ ou à un autre syndicat de la construction. Cette loi est contestée devant les tribunaux.

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