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JO-2012 - Athlétisme: Lavillenie, ça plane pour lui

06/07/2012 08:20 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

A 25 ans, Renaud Lavillenie aborde les jeux Olympiques de Londres dans la peau du favori et pourrait devenir l'héritier de Jean Galfione et de Marie-José Pérec, les derniers champions olympiques français en athlétisme, à Atlanta en 1996.

"Ca me fait ch... qu'on me présente comme ça. Je ne suis pas le favori, nous sommes plusieurs favoris. La perche est une discipline avec tellement de composantes qu'on n'est jamais sûr de rien", répète-t-il pourtant souvent.

Car Lavillenie a mis une dose d'humilité dans son discours, gage peut-être d'une maturité grandissante. Fruit aussi des grandes déceptions rencontrées lors des rendez-vous internationaux de ces dernières années.

A Doha en 2010, favori des Mondiaux en salle, il échoue dès les qualifications. A Daegu en 2011, aux Mondiaux en plein air, de nouveau favori et en tête du concours, il ne résiste pas au Polonais Pawel Wojciechowski (1er) et au Cubain Lazaro Borges qui feront le concours de leur vie (2e).

Reste pourtant une vérité implacable: depuis quatre saisons maintenant, il est celui qui maîtrise le mieux l'aléatoire.

Quel temps fera-t-il à Londres ? Le vent sera-t-il de la partie, de face ou de côté ? Quelle perche choisir ? Et quid de la tactique des impasses ?

Cette saison, pour sa rentrée, il gagne dans le vent à Ostrava (25 mai), avant de passer au-dessus de douleurs au dos à Rome (31 mai). Il gère la fatigue pour s'imposer à Villeneuve-d'Ascq (9 juin) deux jours seulement après Oslo (7 juin). Enfin, il assume son statut de favori pour conserver ses titres national (17 juin) et européen (1er juillet).

Lors des Championnats d'Europe à Helsinki, le protégé de Damien Inocencio a fait très fort, résistant à trois sauteurs allemands et assommant magistralement le dernier en lice, Bjorn Otto, pour signer la meilleure performance mondiale de l'année (5,97 m).

"Avec un concours comme ça il ne peut pas y avoir de meilleure préparation pour les Jeux", admet Lavillenie. "Sur un meeting, on ne réagit pas de la même façon, on ne va pas faire les mêmes impasses, on va plus viser les performances. Alors que là, à un moment, on joue la place. Tout ça est à prendre en compte, je ne pouvais pas rêver mieux. Maintenant ce n'est pas parce que j'ai gagné celui-là que je vais gagner celui de Londres (les JO), mais ça m'aide bien pour les préparer sereinement".

Médaillé de bronze mondial à Berlin 2009 et Daegu 2001, vainqueur de la Ligue de diamant en 2010 et 2011, en tête en 2012 et invaincu cette saison en plein air sans avoir jamais sauté moins de 5,82 m, Lavillenie est une valeur sûre à la bourse de la perche.

A lui maintenant d'en devenir une légende.

fbr/ol/chc

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