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JO-2012 - Athlétisme: Bolt-Blake, les B & B de Mr Mills

06/07/2012 08:23 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Dans la petite Jamaïque des sprinters stratosphériques, l'entraîneur Glen Mills a réussi le tour de force de créer la meilleure écurie et de faire cohabiter "La foudre" Usain Bolt, la mégastar de l'athlétisme, et Yohan Blake, "La bête" qui monte.

Pour beaucoup, la seule question qui vaille est de savoir comment Mr Mills pourra dorénavant gérer la cohabitation après que la hiérarchie a été bouleversée à Kingston.

Blake, le cadet (22 ans), a en effet devancé, et par deux fois (100 et 200 m), le triple champion olympique lors des finales des sélections jamaïcaines, fin juin.

Glen Mills est la référence absolue et l'homme au-dessus des partis. Celui auquel les deux s'en remettent constamment, dans la défaite comme dans la victoire.

"Tant que mon coach n'est pas inquiet, je ne le suis pas", a déclaré Bolt, qui se fie les yeux fermés à ce médecin du corps et des âmes. "Il me suffit d'écouter Mills et tout ira bien", a répondu Blake.

Dans un passé récent, on a connu d'autres duos de sprinters partenaires d'entraînement et rivaux pour le titre de "number one" sur la ligne droite. Les Américains Carl Lewis et Leroy Burrell s'étaient ainsi "tiré la bourre" dans la course au record du monde du 100 m au début des années 90.

Glen Mills exerce son art sur des gabarits différents, au point que le néophyte ne peut pas imaginer le grand (1,96 m) Usain, au corps sculptural, aller moins vite que le "bouledogue" (1,81 m) Blake. Sur cette idée, le titre mondial dont s'était paré Blake à Daegu (Corée du Sud), l'an dernier, n'avait été pour beaucoup qu'un dégât collatéral de l'onde de choc provoquée par le faux départ et donc l'élimination de Bolt en finale du 100 m.

"Les séances (d'entraînement) peuvent être communes, mais les charges et les points à travailler sont fonctions des points à améliorer pour chacun", a toujours assuré Mills, qui insiste beaucoup sur les hanches, clé de la vélocité selon lui.

Cadet prodige, champion du monde du 200 m chez les juniors mais souvent blessé, "un moteur de Formule un dans une carrosserie bas de gamme", Bolt avait frappé à la porte de Mills, entraîneur à la réputation bien établie, après sa déception des J0 d'Athènes-2004, où il avait été éliminé du 200 m dès le premier tour.

En 2007, il devient l'idole de l'île en battant le record de Jamaïque du 200 m, vieux de 36 ans, de Donald Quarrie, en 19 sec 75/100e. Mills va faire de Bolt le prototype de l'athlète du XXIe siècle, qui allie longueur de la foulée et fréquence, un mariage qui paraissait impossible.

Précoce, Blake l'était à peine moins que son prestigieux aîné. Le "p'tit gars" de St James valait déjà 10 sec 11/100e à 17 ans mais, trop émotif, avait laissé échapper les titres mondiaux juniors en 2006 et 2008.

Il a bien grandi depuis, forci surtout. "Je travaille beaucoup, d'où mon surnom", répéte-t-il à l'envi. Comme s'il voulait convaincre de sa probité depuis qu'il a été suspendu trois mois pour dopage en 2009.

Blake a su se mettre dans le sillage, sans la pression et les sollicitations qui incombent au grand frère. D'ailleurs, s'il veut devenir numéro un, il repète que ce n'est pas contre le détenteur des records du monde des 100 et 200 m.

Bolt sue et souffre aussi sous le joug de Mr Mills, même s'il se laisse aller aussi aux sorties nocturnes, peu regardant par ailleurs sur la nourriture.

"Il a besoin de coups de semonce pour se reprendre", remarque un journaliste jamaïcain, persuadé que Bolt, qui n'a finalement que 25 ans, reste le roi du monde et qu'il "n'y a pas Blake qui tienne".

D'ailleurs, Bolt ou Blake, c'est toujours la Jamaïque qui gagne en vert en jaune. Avec, pour faire la synthèse, le fabuleux relais 4X100 m, imbattable sauf à faire tomber le bâton.

asc/ol/gv

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