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JO-2012 - Athlétisme: Bolt au piédestal fragile, Etats-Unis en reconquête

06/07/2012 07:33 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Derrière le 100 m fratricide entre le maître jamaïcain Bolt et l'élève Blake, avec les sprinters américains en arbitres, l'athlétisme devrait offrir un spectacle royal aux JO de Londres avec la tsarine Isinbayeva à la perche ou encore le duel Kenya-Ethiopie sur le fond.

Si Usain Bolt est la mégastar du sprint depuis les Jeux de Pékin-2008, son jeune compatriote Yohan Blake semble avoir les armes pour l'empêcher d'"écrire l'histoire". En finales des 100 m et 200 m des sélections jamaïcaines, Blake "La Bête" a ainsi pris de vitesse Bolt "La Foudre+", sur le synthétique bleu de Kingston.

Le roi de Pékin et des Mondiaux-2009 de Berlin n'a pas avancé d'excuses, ni manifesté d'inquiétude. "Je ne suis pas loin et je sais comment faire pour y arriver", a-t-il dit.

Pourtant, cette vulnérabilité du géant (1,96 m), pas au mieux physiquement et assailli de doutes sur sa mise en action, a conforté les sprinters américains Justin Gatlin et Tyson Gay dans leur retour.

Les Etats-Unis, dont la puissance avait été bafouée en Chine par la petite Jamaïque des sprinters, ont retrouvé des ambitions à la mesure de leur passé.

La projection des résultats enregistrés aux sélections américaines à Eugene dans l'Oregon donne ainsi une trentaine de médailles olympiques pour les +stars and stripes+ à Londres, contre 23 à Pékin et seulement sept en or.

"Si nous faisons donner tous les cylindres, tout est possible", a estimé Andrew Valmon, l'entraîneur des coureurs américains.

L'équipe étoilée brille dans tous les secteurs de la piste et du terrain, et le prodigieux Ashton Eaton, qui a porté le record du monde du décathlon à 9.039 pts, en est la parfaite synthèse.

La Californienne Allyson Felix, triple championne du monde du 200 m, devrait enfin remporter son premier or olympique sur la distance tant elle possède d'avance sur la concurrence. Le demi-fondeur Galen Rupp, auteur du doublé 5.000/10.000 m à Eugene, symbolise aussi l'effort porté en demi-fond, dans le sillage des succès mondiaux de Bernard Lagat, transfuge du Kenya.

Moins armée que les Etats-Unis, la Russie reste néanmoins l'autre +grand+ de l'athlétisme mondial, avec l'apport déterminant de ses dames. Elles s'appellent Yelena Isinbayeva, en quête d'un 3e titre olympique à la perche, Anna Chicherova (hauteur) ou encore Marya Savinova (800 m).

A Moscou, on table sur une quinzaine de médailles, avec les marcheurs en 1re ligne, comme de tradition, chez les messieurs.

L'Afrique, nonobstant les progrès américains et le Britannique Mo Farah, reste maître du jeu en demi-fond, avec une rivalité Ethiopie-Kenya renouvelée.

Les Kényans veulent retrouver la main sur 10.000 m et les Ethiopiens ont élargi leur répertoire au demi-fond court (800 m), sur lequel règne le roi kényan David Rudisha. Le duel s'annonce somptueux, d'autant que Kenenisa Bekele et Tirunesh Dibaba, les gloires d'Addis Abeba, sont revenus à temps pour défendre leurs couronnes.

L'Europe compte sur les concours pour prendre une part du gâteau qui se réduit olympiade après olympiade. Dans ce domaine, l'Allemagne a montré sa force aux Championnats d'Europe d'Helsinki. Et le Français Renaud Lavillenie, qui taquine les 6 m, est le grand favori de la perche.

Le 400 m donnera la mesure de la montée en puissance des Antilles. Avec son champion du monde Kirani James, pas encore 20 ans, la Grenade n'est plus seulement une destination touristique de rêve. Et le Dominicain Luquelin Santos, 18 ans, est bien l'héritier de Félix Sanchez, qui domina il y a peu le 400 m haies.

asc/ol/jcp

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