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Chypre, à la tête de l'UE, appelle au partage équitable de la dette

06/07/2012 06:38 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Chypre, qui vient de prendre la présidence de l'Union européenne, a estimé vendredi être une victime "injuste" de la crise de la dette en Europe, appelant les pays de la zone euro à partager celle-ci en fonction de leur taille.

Quelques jours après avoir réclamé une aide financière de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI), le ministre chypriote des Finances, Vassos Shiarly, a déclaré que le pays avait "payé un prix très lourd" dans l'effacement de 107 milliards d'euros de la dette de la Grèce.

Ce plan de restructuration négocié depuis fin 2011 par Athènes avec l'Institut de la Finance Internationale (IIF), qui représente quelque 400 grandes banques, assurances ou hedge funds, a réduit d'environ 50% la valeur nominale des obligations grecques.

Les banques chypriotes détenant des quantités importantes d'obligations souveraines grecques, Chypre a perdu 4,2 milliards d'euros, ce qui représente 24% de son PIB, a déclaré M. Shiarly lors d'une conférence de presse.

"Ce n'est pas juste de devoir supporter ça", a-t-il ajouté. "C'était un problème européen (...). Je crois que nous aurions dû partager ces pertes équitablement".

Chypre représentant 0,2% de l'économie de la zone euro, le pays aurait dû perdre seulement 200 millions d'euros, soit "une somme insignifiante", a souligné le ministre, qui a annoncé qu'il soulèverait probablement cette question lors des négociations sur l'aide avec l'UE et le FMI.

M. Shiarly a refusé de donner un chiffre sur l'aide européenne souhaitée par Chypre tant que les inspecteurs de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI n'auraient pas terminé leur évaluation.

Moscou a cependant confirmé vendredi que Chypre avait demandé un prêt de 5 milliards d'euros, et que la demande était pour l'instant en cours d'examen.

"Les conditions offertes par la Russie sont plus favorables", car Moscou, au contraire de l'UE et du FMI, "ne pose aucune condition" et propose simplement "des taux d'intérêt bas", a expliqué cette semaine le président chypriote, Demetris Christofias.

Vendredi, M. Shiarly a balayé les inquiétudes au sujet du taux d'imposition à 10% pour les entreprises, que la troïka pourrait demander d'augmenter en échange d'un prêt.

"Je suis confiant qu'une telle demande ou condition ne soit pas faite ou posée", a-t-il dit, rappelant que l'Irlande, un des cinq pays à avoir demandé de l'aide à l'UE, avait maintenu son taux d'imposition pour les entreprises à 12,5%.

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