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Barclays: le gouvernement britannique lance une enquête criminelle

06/07/2012 09:40 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Le Serious Fraud Office (SFO) du Royaume-Uni a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête criminelle dans l'affaire de la manipulation des taux d'intérêt par la banque Barclays.

L'organisme a prévenu que cette enquête ne se traduira pas nécessairement par le dépôt d'accusations.

La banque Barclays a écopé, la semaine dernière, d'une amende de 435 millions $ US imposée par des agences américaines et britanniques pour avoir menti concernant ses coûts d'emprunt entre 2005 et 2009 — plus spécifiquement en ce qui concerne le taux baptisé Libor (l'acronyme de «London interbank offered rate»).

Des allégations similaires pèsent sur d'autres banques britanniques et étrangères, mais la Barclays est jusqu'à présent la seule à avoir été identifiée. L'annonce du SFO ne mentionnait pas Barclays mais évoquait «l'affaire du Libor».

Plusieurs dirigeants de Barclays ont démissionné depuis le début de la semaine, dont le chef de la direction Bob Diamond, un Américain, et le directeur de l'exploitation Jerry del Missier, un Canadien.

Le président du conseil d'administration, Marcus Agius, a lui aussi annoncé qu'il quittera ses fonctions dès qu'un successeur aura été trouvé.

Le SFO pourrait déposer des accusations contre la banque ou contre des individus. Pour sa part, le département de la Justice des États-Unis a indiqué la semaine dernière ne pas avoir l'intention de poursuivre Barclays, en raison de sa collaboration avec l'enquête, mais a prévenu que des accusations pourraient être portées contre des individus.

Le parlement britannique a voté jeudi en faveur de l'ouverture de sa propre enquête sur l'industrie bancaire.

Le taux Libor est calculé à partir des données fournies par Barclays et par d'autres banques concernant les taux qui leur sont demandés pour emprunter de l'argent à leurs consoeurs.

Barclays a admis que ses dirigeants ont décidé, en 2007 et 2008, de déclarer des taux inférieurs à la réalité. Ces dirigeants s'inquiétaient que les taux réels, qui étaient systématiquement plus élevés que ceux des autres banques, ne reflètent l'image d'une entreprise en difficulté.

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