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Algérie: un militant des droits de l'Homme gracié critique la situation carcérale

06/07/2012 01:12 EDT | Actualisé 05/09/2012 05:12 EDT

Mohamed Smaïn, militant algérien des droits de l'Homme, incarcéré en juin pour purger une peine prononcée en 2002, a été libéré vendredi à midi (11H00 GMT), bénéficiant d'une grâce présidentielle, a annoncé à l'AFP le concerné qui a critiqué la situation carcérale dans le pays.

"J'ai accepté mon incarcération car c'était plus fort que moi. C'est une condamnation injuste, illégale et arbitraire mais cela m'a donné un plus et une connaissance de la situation des détenus en Algérie", a déclaré M. Smaïn joint au téléphone par l'AFP.

"C'est un délit d'opinion mais j'ai été condamné et libéré comme un repris de justice à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance", s'est écrié ce militant des droits de l'Homme qui avait été arrêté le 19 juin par la police à Relizane (340 km à l'ouest d'Alger) puis incarcéré.

"J'ai oublié ma détention par rapport à ce que j'ai vu dans la prison. Les prisonniers vivent l'enfer, une salle pour 10 personnes, contient trois fois plus de détenus. Il y a si peu de place que les détenus dorment debout", a raconté M. Smaïn.

"Cela ne m'a pas été dit, je l'ai constaté", a ajouté ce militant qui estime que la prison ne sert "qu'à l'avilissement de l'être humain".

M. Smaïn, âgé de 70 ans, avait été condamné à deux mois de prison ferme en janvier 2002 pour "dénonciation calomnieuse" par le tribunal de Relizane à la suite d'une plainte d'un Groupe de légitime défense (GLD), des civils armés par les autorités pour défendre les villages contre les attaques de groupes armés islamistes.

Sa peine a été confirmée par la Cour d'appel en octobre 2007 puis par la cour suprême en février 2012 mais l'homme était resté en liberté.

M. Smaïn avait accusé ce groupe, dirigé par l'ancien maire désigné de Rélizane, Hadj Ferguène, d'avoir exécuté des sympathisants islamistes et de les avoir enterrés dans des charniers.

Pour sa défense, Hadj Ferguène avait bénéficié du témoignage d'anciens membres de groupes armés repentis attestant que ces charniers contenaient en réalité les corps des victimes de groupes armés islamistes.

amb/sw

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