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Violences en Syrie à la veille d'une réunion internationale à Paris

05/07/2012 05:57 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Le conflit armé en Syrie ne montrait jeudi aucun signe de répit à la veille d'une réunion internationale à Paris censée discuter du sort du président syrien Bachar al-Assad mais boycottée par la Russie, alliée de Damas.

Dans ce contexte, Moscou a confirmé avoir été sollicité pour offrir l'asile politique au président Bachar al-Assad, tout en qualifiant la proposition de "plaisanterie".

La Chine a emboîté le pas à la Russie en annonçant qu'elle aussi boycotterait la conférence des Amis du peuple syrien, qui doit regrouper plus d'une centaine de pays arabes et occidentaux, ainsi que des organisations internationales et des représentants de l'opposition syrienne.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est partie jeudi pour Paris, tandis que le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault assurait que la France et les Etats-Unis travaillaient "main dans la main" sur le dossier syrien.

Pour tenter à nouveau de mettre fin à près de 16 mois de violences, la réunion de Paris réaffirmera sa "condamnation de la répression" et annoncera "des choses concrètes" pour faire pression sur le régime, soutenir la population et l'opposition, selon une source diplomatique.

Les combats entre soldats et rebelles ainsi que le pilonnage de fiefs insurgés se poursuivaient pourtant sans relâche jeudi.

Au lendemain d'une nouvelle journée sanglante ayant fait près de 100 morts, en majorité des civils, le bilan des violences s'élevait jeudi matin à 27 morts à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Et le flux des réfugiés ne tarit pas dans les pays voisins. Entre 4.000 et 5.000 Syriens sont arrivés cette semaine en Jordanie, a annoncé jeudi le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Un 15e général syrien et plusieurs officiers ont fait défection mercredi en passant en Turquie. Selon des experts, ces nouvelles défections entament le moral de l'armée sans l'ébranler. Washington s'est félicité de ces défections, le département d'Etat assurant qu'il y en avait "de plus en plus" et "espérant" qu'elles "continuent à un bon rythme".

Dans un entretien jeudi au quotidien turc Cumhuriyet, M. Assad s'est targué une fois de plus du "soutien du peuple" syrien, assurant que les manifestants avaient été "payés" par des forces étrangères pour déstabiliser son pays.

Depuis le début de la révolte en mars 2011, le régime ne reconnaît pas l'ampleur du mouvement, qu'il assimile à du "terrorisme".

"Si je ne disposais pas du soutien du peuple, j'aurais été renversé comme le Shah d'Iran (Reza) Pahlavi. Tout le monde pensait que je partagerais le même sort, on s'est trompé", a ajouté M. Assad.

Face à la recrudescence des violences, le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, a critiqué la communauté internationale qui ne fait selon lui que palabrer dans de "beaux hôtels".

Forcé de suspendre à la mi-juin les opérations des 300 personnes sous ses ordres en raison des violences, il s'est dit jeudi opposé à l'idée de leur fournir des armes, estimant que cela modifierait radicalement les relations avec la population.

Le 30 juin à Genève, les grandes puissances, dont la Russie, ainsi que la Turquie et des pays arabes, avaient trouvé un accord sur les principes d'une transition en Syrie avant de diverger sur son interprétation.

Washington a estimé qu'il ouvrait la voie à l'ère "post-Assad", tandis que Moscou et Pékin réaffirmaient qu'il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, allié de Damas, a estimé que les Syriens devaient pouvoir "décider librement de leur destin".

Et le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari, dont le pays affiche une neutralité bienveillante à l'égard du régime, a écarté l'idée d'une sortie de crise comme au Yémen, où le chef de l'Etat a cédé la place à son vice-président en échange d'une immunité.

L'opposition syrienne est également divisée et ses pourparlers lundi et mardi au Caire se sont terminés dans une ambiance tendue, certains en venant même aux poings.

Par ailleurs, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a appelé la Syrie à se garder de toute escalade avec la Turquie, après qu'un avion de combat turc eut été abattu par la défense syrienne.

Enfin, WikiLeaks a commencé à dévoiler environ 2,5 millions de courriers électroniques sur la Syrie, mettant en cause notamment des entreprises occidentales qui ont collaboré, selon le site internet, avec Damas après le début de la répression.

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