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Une sortie de crise "à la yéménite" n'est pas viable en Syrie, selon l'Irak

05/07/2012 07:23 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Une sortie de crise empruntée au modèle yéménite, dans lequel le chef de l'Etat se retire en échange de l'immunité, n'est pas envisageable en Syrie, a estimé jeudi le ministre irakien des Affaires étrangères, jugeant Bachar al-Assad peu enclin à quitter le pouvoir.

"D'un point de vue personnel, je ne pense pas que l'exemple du Yémen puisse fonctionner en Syrie", a déclaré Hoshyar Zebari lors d'une conférence de presse à Bagdad, à la veille d'une réunion internationale à Paris au cours de laquelle le sort du président syrien doit être évoqué.

Selon un diplomate occidental, il s'agira lors de cette rencontre d'acculer Damas à "appliquer le plan de Genève" de l'émissaire international Kofi Annan sur une transition politique et un cessez-le-feu jamais respecté. Ni la Russie, ni la Chine, alliées de la Syrie, n'y assisteront.

Le Yémen, lui aussi théâtre d'une grave crise, a vu le départ de son président contesté Ali Abdallah Saleh en février, en vertu d'un plan proposé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui lui accordait l'immunité.

Mais, a souligné M. Zebari, au Yémen, ce plan de sortie de crise "était soutenu par plusieurs Etats, ce qui n'est pas le cas en Syrie".

"Nous ne pensons pas que le président syrien ou que son régime soient prêts à laisser la place si aisément, même si la pression est forte", a encore jugé le chef de la diplomatie irakienne, qui s'exprimait en anglais.

"Et comme vous le savez, dans cette partie du monde, personne ne cède le pouvoir très facilement", a-t-il noté.

Selon des informations de presse, les Etats-Unis tenteraient de convaincre Moscou d'accorder l'asile politique au président syrien. Le Kremlin a démenti.

La violence en Syrie, a encore indiqué M. Zebari, est en partie nourrie par des combattants d'Al-Qaïda en provenance d'Irak qui passent la frontière "pour perpétrer des attentats".

"Pendant longtemps, nous avons mis en garde le régime syrien quant au passage de (militants d')Al-Qaïda de la Syrie vers l'Irak, désormais c'est l'inverse", a-t-il ajouté, disant s'appuyer sur "des sources sûres".

En février déjà, le ministre adjoint de l'Intérieur, Adnane al-Assadi, avait affirmé à l'AFP que des jihadistes étaient partis combattre en Syrie et que des armes à destination de l'opposition syrienne étaient acheminées à partir de l'Irak.

La réunion de vendredi à Paris intervient au moment où les combats entre armée et rebelles et les bombardements violents de fiefs insurgés se poursuivent sans relâche.

sf-gde/vl

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