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Une enquête internationale sur la mort d'Arafat pour "clore le dossier" (ministre)

05/07/2012 06:04 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Les dirigeants palestiniens veulent une enquête internationale sur la mort du chef historique Yasser Arafat pour "clore le dossier", a déclaré jeudi le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki.

Cette demande a été appuyée par la Tunisie qui a réclamé une réunion d'urgence de la Ligue arabe et la création d'une commission d'enquête internationale.

"Nous attendons que cette initiative tunisienne se traduise par une action et que la réunion soit organisée. Nous demanderons ensuite la constitution d'une commission d'enquête internationale semblable à celle qui a été créée après l'assassinat (en 2005) de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri afin que puissions résoudre toutes les questions sans réponses", a souligné Riyad al-Malki.

La plus haute autorité musulmane palestinienne, le mufti Mohammad Hussein, a pour sa part déclaré à l'AFP qu'aucune règle religieuse n'interdisait l'exhumation du corps de Yasser Arafat, qui repose dans un mausolée au siège de la présidence à Ramallah.

"S'il est nécessaire d'analyser un corps pour les besoins d'une enquête, et qu'il faille en prélever tout ou partie, rien ne s'y oppose", a-t-il estimé.

L'Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels d'Arafat, remis à sa veuve par l'hôpital militaire français de Percy, où il est mort le 11 novembre 2004, y a découvert "une quantité anormale de polonium", selon un documentaire diffusé mardi par Al-Jazeera.

"Nous voulons montrer que l'Autorité, la direction et le peuple palestiniens sont tous impatients de connaître tous les détails de la mort d'Arafat, afin de clore ce dossier. Nous serons en première ligne pour participer et soutenir cette enquête", a assuré le ministre à la radio officielle Voix de la Palestine.

"Nous aurions pu prendre l'initiative mais nous ne voulions pas créer de contentieux et de divergences sur une question aussi importante", a expliqué M. Malki, interrogé sur le délai entre la mort et l'aval donné mercredi par le président palestinien Mahmoud Abbas à une analyse du corps.

"Ces huit dernières années, les initiatives pour appeler à une commission internationale ne suffisaient pas mais maintenant des parties ont montré leur volonté d'avancer et nous serons les premiers à les accompagner dans cette démarche. A l'époque, nous avons ordonné une enquête, mais la réponse était insuffisante", a-t-il ajouté, en allusion au refus par la veuve d'une autopsie.

Mais mercredi, la veuve de Yasser Arafat, Souha Arafat, jointe par l'AFP, a annoncé qu'elle allait "immédiatement adresser une lettre officielle au laboratoire suisse qui a conduit les tests pour autoriser la collecte d'échantillons sur les restes du martyr Arafat afin de vérifier les résultats".

"Il y a aujourd'hui beaucoup plus d'intérêt, dont nous pouvons tirer avantage", a plaidé M. Malki.

Le directeur de l'Institut médico-légal israélien, Yéhuda Hiss, a rappelé que "le polonium était un poison radioactif relativement nouveau qui a été utilisé contre l'ex-espion russe Alexandre Litvinenko", assassiné en 2006 à Londres.

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