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Tunisie: un doyen devant la justice pour l'agression d'une étudiante voilée

05/07/2012 04:43 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Le doyen d'une institution universitaire tunisienne a comparu devant la justice, jeudi, pour répondre d'une agression présumée contre une étudiante voilée qui l'accuse de l'avoir giflée. Le procès a été reporté au 25 octobre à la demande de la défense.

Le doyen de la faculté des lettres, des arts et des sciences humaines de La Manouba, Habib Kazdaghli, a été convoqué par le tribunal de première instance de cette ville proche de Tunis après un recours déposé par la plaignante.

Joint au téléphone par l'Associated Press, il s'est dit «consterné» par ce procès, tout en exprimant «sa confiance dans la justice».

«Malgré une année très mouvementée, nous avons pu éviter les risques d'une année blanche et venons de célébrer la fin des examens avec succès», a-t-il ajouté.

Il a nié l'accusation portée contre lui, en s'étonnant de voir les rôles inversés et que «la victime devienne coupable».

«C'est moi qui avais porté plainte le premier contre deux étudiantes voilées qui ont fait intrusion dans mon bureau et l'ont saccagé, témoin et document filmé à l'appui», a-t-il rappelé, en précisant que sa requête n'avait pas eu de suite jusqu'à présent.

«Au-delà de la personne du doyen, c'est l'université qui est finalement la victime dans cette affaire», a-t-il déploré, en accusant «certaines parties» qu'il n'a pas identifiées de vouloir «instrumentaliser la justice».

L'affaire remonte au mois de mars dernier, en pleins troubles à la faculté des lettres, des arts et des sciences humaines de La Manouba, près de Tunis, où des centaines de salafistes défendaient le port du niqab par des étudiantes pendant les cours et les examens, contre l'avis du conseil scientifique.

Des affrontements entre islamistes radicaux, étudiants progressistes et enseignants ont perturbé pendant plusieurs mois cette institution universitaire fréquentée par quelque 8000 étudiants.

«Qu'est-ce qu'on me reproche? Est-ce le fait d'appliquer la loi alors que des groupes (de salafistes) agissent en toute impunité?», s'est interrogé le doyen, en se disant «ému» par la solidarité manifestée à son endroit par ses collègues et la société civile.

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