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Syrie: le chef des observateurs déplore un niveau de violence «sans précédent»

05/07/2012 06:32 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - La violence en Syrie a atteint un niveau «sans précédent», a déploré jeudi le chef de la mission d'observation de l'ONU, le général norvégien Robert Mood, appelant avec insistance à un cessez-le-feu pour que ses équipes puissent reprendre leur travail.

«L'escalade de la violence à un niveau sans précédent a nui à notre capacité à observer, à vérifier, à rapporter et à aider au dialogue local», a déclaré le général Mood devant la presse à Damas.

Il a exhorté les deux parties du conflit à avoir «le courage moral de briser le cycle de la violence» et à entamer un dialogue. «Plus la violence durera (...) et plus il sera difficile d'avoir une transition pacifique», a-t-il affirmé.

Environ 300 observateurs de l'ONU ont été envoyés en Syrie pour porter un regard neutre sur le conflit, mais ils sont confinés dans leur hôtel depuis le 15 juin à cause de l'intensification des violences.

Des militants de l'opposition ont rapporté qu'au moins 26 personnes avaient été tuées à travers la Syrie jeudi. Ces personnes ont péri dans des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles, ainsi que dans des tirs d'artillerie lourde de l'armée sur des banlieues de la capitale, dans la région de Homs et dans des zones rebelles du nord et du sud du pays.

Plus de 14 000 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement populaire contre le régime du président Bachar el-Assad, en mars 2011. Plus de 200 000 Syriens ont fui leur pays pour se réfugier en Jordanie, au Liban et en Turquie.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme et d'autres groupes de l'opposition ont annoncé jeudi la défection du brigadier-général Manaf Tlass, membre de la garde républicaine et fils d'un ancien ministre de la Défense syrien. Il aurait trouvé refuge en Turquie. Si elle est confirmée, cette défection représenterait un revers majeur pour le président syrien.

À Londres, le site WikiLeaks a annoncé la publication prochaine d'informations issues de 2,4 millions de courriels syriens, dont plusieurs proviennent des comptes officiels du gouvernement.

Une porte-parole de WikiLeaks, Sarah Harrison, a déclaré devant la presse que ces courriels révèlent des relations entre le gouvernement syrien et des entreprises occidentales, sans donner de précisions.

Citant le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, Mme Harrison a souligné que ces «documents sont embarrassants pour la Syrie, mais également pour les opposants extérieurs à la Syrie». On ne sait pas encore ce que contiennent ces documents, WikiLeaks n'en ayant posté que quelques-uns sur son site pour l'instant.

En février, le quotidien israélien «Haaretz» avait déjà publié des extraits de courriels syriens qui auraient été piratés par le groupe Anonymous. En mars, le quotidien britannique «The Guardian» s'était également procuré des courriels transmis par des militants de l'opposition syrienne.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a démenti jeudi toute offre d'asile en Russie de Bachar el-Assad, contrairement à ce qu'annonçait mercredi le quotidien russe «Kommersant». Citant des sources diplomatiques, ce journal affirmait que les puissances occidentales poussaient Moscou à accueillir le président syrien.

Ce type d'invitation n'a aucun sens car «les Syriens doivent trouver eux-mêmes un terrain d'entente», a dit le chef de la diplomatie russe.

Par ailleurs, le ministre irakien des Affaires étrangères a déclaré jeudi disposer «d'informations et de renseignements solides» sur des militants d'Al-Qaïda en Irak présents en Syrie pour perpétrer des attaques.

Devant la presse, Hoshyar Zebari a souligné que les autorités irakiennes avaient prévenu Damas de ces mouvements de combattants d'Al-Qaïda entre l'Irak et la Syrie. Bagdad s'inquiète de voir la violence s'étendre à toute la région.

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