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"Rien de mal" à demander une aide à l'UE/FMI et une autre à Moscou (Chypre)

05/07/2012 05:25 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

La République de Chypre, touchée par une grave crise économique, ne voit "rien de mal" à obtenir deux aides pour soutenir son secteur bancaire et ses finances, l'une de la part de la Russie et l'autre de l'UE et du FMI, a affirmé jeudi le président Demetris Christofias.

"Oui, nous avons demandé à la Russie et à l'UE en même temps", a indiqué lors d'une conférence de presse M. Christofias.

Chypre a pris dimanche la tête de la présidence tournante de l'UE au moment même où l'île méditerranéenne demande une aide à l'UE pour son système bancaire, largement exposé à la crise financière en Grèce.

"Je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas bien" de demander de l'aide à un pays qui n'est pas membre de l'UE, alors que nous avons de "bonnes et anciennes relations" avec lui, a-t-il dit. "La Russie n'est pas l'Union soviétique d'hier", a ajouté le président communiste.

Chypre "attend toujours" la réponse de la Russie, a-t-il dit. "Nous nous attendons à ce qu'elle soit positive".

Il a aussi répété qu'une aide de Moscou serait probablement assortie de conditions plus favorables que celle du FMI et de l'UE.

"Peut-être que les conditions de l'UE seront plus dures que celle de la République de Russie", a indiqué M. Christofias.

Il a cependant contesté des informations selon lesquelles son gouvernement pourrait décider de rejeter l'aide de l'UE et du FMI si leurs conditions s'avéraient trop sévères, et d'accepter seulement l'aide russe.

"La question ne se pose pas (...) Nous pouvons combiner les deux parce que nous avons besoin d'argent pour investir dans le développement et nous avons besoin d'argent pour recapitaliser nos banques", a-t-il dit.

Chypre a obtenu fin 2011 un prêt à taux bonifié de 2,5 milliards d'euros pour 2012 auprès de la Russie, pays avec lequel l'île, notamment de part sa culture orthodoxe, a des liens économiques et culturels très étroits.

La République n'a pas dit de combien elle avait besoin, notamment pour venir en aide à son secteur bancaire.

Mais selon certains analystes, le montant total de l'aide à la fois pour soutenir le secteur bancaire et pour équilibrer les finances publiques serait de l'ordre de 10 milliards d'euros.

Une mission de représentants de la Commission européenne, du FMI et de la Banque centrale européenne est arrivée mardi sur l'île pour évaluer la situation budgétaire et financière du pays.

Cette mission, qui doit s'achever vendredi, doit notamment établir les mesures d'austérité que doit réaliser le gouvernement pour ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3%. Il a dépassé en 2011 les 6%.

De nombreux hommes d'affaires et banques russes ont des fonds dans les banques chypriotes, alors que des dizaines de milliers de Russes résident sur l'île touristique.

M. Christofias a rejeté les affirmations selon lesquelles des trafiquants d'armes russes opéreraient via Chypre. "Il n'y a pas une once de vérité dans le fait que les Russes transfèrent des armes via Chypre", a-t-il dit.

ccr/vl/cco

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