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Rafaël Ouellet ronge son frein en attendant le palmarès de Karlovy Vary

05/07/2012 03:28 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Rafaël Ouellet ronge son frein en attendant de connaître le palmarès des lauréats du 47e Festival international du film de Karlovy Vary, où son film «Camion» est en compétition officielle.

Son long métrage ayant été très bien accueilli par les centaines de personnes qui ont assisté à la première mondiale, dimanche, le réalisateur de 38 ans a pu tourner la page sur cet événement anxiogène.

Depuis, il tente de se distraire en enchaînant les entrevues et en participant aux activités organisées dans le cadre du festival.

«C’est cliché ce que je vais dire, mais je ne fais vraiment pas ça pour les prix. Mais 'câline', plus on se rapproche de la cérémonie, plus on se fait prendre au jeu et plus on a envie d’y croire», confie-t-il à l’autre bout du fil depuis la République Tchèque.

Chose certaine, il ne fait pas des pieds et des mains pour aller voir les longs métrages auxquels le sien se frotte — et il n’a pas forcément l’intention de le faire d’ici samedi, journée où les gagnants seront annoncés.

En date de mercredi, Rafaël Ouellet, seul représentant nord-américain en compétition officielle, n’avait d’ailleurs vu aucun des autres films qui sont en lice aux côtés du sien.

«J’ai été dans une compétition en Allemagne avec mon premier film en 2007, et j’avais vu tous les films avec lesquels j’étais en compétition. Ça ne m’avait rien apporté. Ça fait juste te stresser, te donner envie de te comparer et de commencer à évaluer tes chances.»

Le cinéaste prend une pause avant de dire s’il croit en ses chances de repartir avec une statuette sous les bras.

«Je ne sais pas. On a un beau film, j’aimerais ça. Je sais qu’il y a des gens de Téléfilm Canada qui sont allés voir plusieurs films en compétition et qui m’ont dit: 'On a peut-être des bonnes chances de partir avec quelque chose'.»

Rafaël Ouellet en est à sa deuxième présence au festival de Karlovy Vary, un événement qu’il a appris à aimer, notamment en raison de la beauté de cette ville tchèque où Beethoven, Mozart et Goethe venaient se reposer, mais aussi parce que la philosophie et la loyauté des organisateurs lui plaisent beaucoup.

«J’aime beaucoup cette idée de fidélité envers un cinéaste et vice-versa», expose-t-il en donnant les exemples de Denis Côté, souvent présent à Locarno, de Xavier Dolan, un habitué de Cannes, ou d’autres cinéastes qui sont abonnés à Berlin ou Venise.

«Bon, ce sont peut-être de plus gros festivals qu’ici, mais moi, je suis extrêmement content de peut-être, éventuellement, faire partie de la famille de Karlovy Vary», lance-t-il.

Le film qu’est venu présenter Rafaël Ouellet est une chronique familiale inspirée du vécu et du travail de son père, un camionneur de Dégelis, une ville québécoise d'environ 3500 habitants située non loin de la frontière avec le Nouveau-Brunswick.

«Camion» met en vedette Julien Poulin dans le rôle de Germain ainsi que Patrice Dubois et Stéphane Breton, qui campent ses deux fils.

«C’est une histoire assez riche émotivement. Assez tôt dans le film, il y a un accident de camion qui propulse Germain dans une dépression, ou du moins, dans un état inquiétant, qui l’amènera à se rendre compte que ses deux fils sont brisés.»

Le long métrage prendra l’affiche le 17 août au Québec. Rafaël Ouellet espère pouvoir le présenter en primeur à Dégelis afin de remercier les habitants de leur participation et de leur soutien.

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