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«Omertà», le film de Luc Dionne: des hommes et leurs péchés (VIDÉO)

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MONTRÉAL - Le réalisateur Luc Dionne s'est offert une distribution du tonnerre pour l'adaptation cinématographique de la série télévisée à succès «Omertà», qui avait pris fin abruptement en 1999 après trois saisons à l'antenne.

Michel Côté, Patrick Huard, Stéphane Rousseau, Rachelle Lefevre et René Angelil tiennent l'affiche dans ce récit né de l'imagination du créateur de «Bunker, le cirque» et «Le dernier chapitre». L'histoire se déroule encore une fois dans un univers d'hommes peuplé de mafiosi, de politiciens véreux et de meurtriers sans scrupules.

«Je trouve qu'on n'a pas beaucoup de films pour les hommes», a plaidé Luc Dionne lorsque La Presse Canadienne lui a demandé ce qui l'incitait à exploiter des intrigues campées dans des milieux typiquement masculins.

La productrice Denise Robert, qui voit certaines similitudes entre le plus récent long métrage de Luc Dionne et le film «Ocean's Eleven» — notamment en raison de son impressionnante brochette de vedettes masculines — abonde dans le même sens.

L'idée, pour «Omertà», était de «réunir une 'gang' de gars pour faire un film sur un sujet qui les intéresse», a-t-elle fait valoir.

Le long métrage s'intéresse à la lutte de pouvoir entre un agent double (Patrick Huard) et un meurtrier psychopathe (Stéphane Rousseau) participant à une arnaque visant à détourner l'or qui repose dans les coffres des banques centrales nord-américaines, le tout sous la supervision du parrain de la mafia montréalaise (René Angelil).

Flairant l'imminence d'un gros coup, le sous-ministre de la Justice (Michel Dumont) demandera à l'ancien policier Pierre Gauthier (Michel Côté), devenu propriétaire d'une firme de sécurité privée, de reprendre temporairement du service.

Le comédien Michel Côté a accepté de chausser à nouveau les bottines de Pierre Gauthier — une décision qu'il n'a pas prise à la légère.

«C'est un couteau à deux tranchants. C'est sûr qu'on n'a pas à créer un nouveau personnage, donc ça enlève un stress à quelque part (...) Mais pour un acteur fier comme moi, le tranchant du couteau, c'est de se dire: 'Je ne vais pas impressionner personne en faisant cette performance-là parce que tout le monde sait que je l'ai déjà fait'. Ça, c'est le défi», a-t-il expliqué.

Le personnage campé par Michel Côté dans «Omertà» est malheureux, a suggéré l'acteur. Après le décès de son épouse Gabrielle — survenu dans la troisième saison de la série télévisée — , il a «jeté son dévolu sur sa compagnie» et prendra sous son aile Sophie (Rachelle Lefevre), une ancienne agente du Service de renseignement canadien qu'il recrute pour l'assister dans sa mission.

La fiction a rejoint la réalité sur le plateau, Michel Côté ayant fait office de «figure paternelle» pour Rachelle Lefevre, au dire de cette Montréalaise d'origine.

«Je ne pourrais jamais dire trop souvent (à quel point) la distribution était incroyable. Ce sont les plus grandes 'stars' du Québec, et ils sont formidables! Ils sont vraiment normaux; c'était vraiment facile pour moi d'arriver sur le plateau, d'être à l'aise et de me sentir accueillie», s'est exclamée celle qui a réalisé une véritable percée aux États-Unis grâce à son rôle de Victoria dans les deux premiers films de la série «Twilight».

Rachelle Lefevre participait à son premier tournage dans la langue de Molière. L'exercice n'a pas été de tout repos: «J'ai eu à mémoriser plus que normalement, parce que je n'étais pas capable d'improviser. Vraiment, je dormais avec le scénario!»

C'est la productrice Denise Robert qui a eu l'idée de faire appel aux services de Rachelle Lefevre. L'actrice avait décroché un petit rôle dans le film «Stardom» (2000), réalisé par son mari Denys Arcand.

«J'ai dit à Luc (Dionne) qu'elle avait une allure de 'Bond Girl'», se souvient Mme Robert.

Dans le film, c'est toutefois le criminel aguerri Sam Cohen, et non un agent secret au service de sa majesté, que ladite «Bond Girl» séduit.

Stéphane Rousseau a éprouvé un malin plaisir à camper ce meurtrier balafré qui succombe aux charmes de Sophie.

«Je suis content qu'il (Luc Dionne) m'ait fait confiance pour ça. C'était un beau défi de faire oublier qui on est vraiment, de faire oublier l'humoriste et d'être crédible dans un rôle de dangereux. C'était assez cool.»

Il s'agissait d'un personnage complexe à camper, souligne Stéphane Rousseau: «Sam, c'est un gars mystérieux. Il est très 'edgy'. C'est un homme de peu de mots, tout se passe dans le regard, dans l'attitude. Je n'avais jamais fait un truc pareil.»

L'autre mauvais garçon, sur qui des soupçons de corruption planeront tout au long du film, est incarné par un autre humoriste-devenu-comédien: Patrick Huard.

«Il attire tellement l'attention sur lui tout le temps... on pense que les menteurs sont souvent discrets, cachés. Lui, c'est le contraire, et je trouvais ça intéressant», a suggéré M. Huard.

C'est le parrain de la mafia montréalaise qui mène tout ce beau monde au doigt et à l'oeil. Le rôle de cet inquiétant personnage a été dévolu à l'imprésario René Angelil, pour qui il s'agissait d'une première expérience au cinéma.

«C'est une des raisons pour quoi j'ai accepté. C'est une expérience que je ne pourrai plus jamais refaire. C'est Céline (Dion, son épouse) qui m'a convaincu d'accepter.»

René Angelil n'a pas calqué son rôle sur une personne en particulier, mais il s'est inspiré de quelques sombres personnages qu'il a côtoyés à l'époque où il jouait dans les cabarets avec le groupe Les Baronnets.

«J'ai connu des chefs de la mafia montréalaise (…) et j'avais toujours été impressionné de leur façon de se tenir, d'agir et de parler. C'est pas toujours ceux qui parlent le plus fort qui sont les plus importants», a-t-il relaté.

Le réalisateur Luc Dionne est conscient des similitudes existant entre les histoires qu'il met en scène et tous les scandales qui éclaboussent les milieux politiques et financiers depuis des mois au Québec.

«La facture du film, c'est un peu ça, c'est une espèce de cliché, des 'instantanés' sur une réalité. C'est tourné de façon très réelle, avec une caméra très nerveuse (…) C'est ce qui donne l'aspect criant de vérité», a laissé tomber Luc Dionne.

«Omertà» prendra l'affiche au Québec une semaine après la superproduction américaine «L'incroyable Spider-Man» et près d'une dizaine de jours avant un autre film attendu avec énormément d'impatience par les cinéphiles, «Batman: L'ascension du chevalier noir».

Il s'agit d'un risque que Denise Robert semble n'avoir aucune crainte de prendre.

«Je crois sincèrement que le public québécois aime le cinéma de chez nous. Il ne faut pas avoir peur de se battre contre les gros canons américains. On fait du bon cinéma ici.»

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