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Nord du Mali: manifestation à Bamako contre la destruction de sites religieux

05/07/2012 08:09 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Près d'un millier de personnes étaient rassemblées jeudi à Bamako à l'appel d'associations musulmanes pour protester contre la destruction de sites religieux dans le nord du Mali contrôlé depuis trois mois par des groupes armés islamistes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants étaient réunis dans le Centre international de conférences de Bamako, à l'appel du Groupement des leaders musulmans du Mali, qui réunit plusieurs associations musulmanes du pays.

"Non à l'islam importé, oui à l'islam de nos grands parents", pouvait-on lire sur une banderole déployée devant le Centre où se tenait la réunion en présence du président du Haut conseil islamique du Mali, Mahmoud Dicko.

"Tous les leaders (religieux) se sont donné la main pour protester contre la profanation de mausolées de Tombouctou. Les auteurs de ces actes ne sont même pas des musulmans", a déclaré à l'AFP Jules Sambou Cissoko, président de "To'isatoul qadriya et soufi", une des associations présentes.

"Ceux qui ont fait ça n'ont aucune notion de l'islam. Tombouctou (...) a été fondée sur un islam pur, respectueux des hommes, de tous les hommes", a de son côté indiqué Cheik Alpha Dahar Kounta, chef de la "Qadriya zawi al kounti", autre association musulmane.

Pour Mohamed Macki Ba, président de l'Union des jeunes musulmans du Mali, "il n'y a plus de médiation possible" avec les groupes islamistes.

Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam), un des groupes maîtres à Tombouctou, a détruit entre le 30 juin et le 2 juillet sept des seize mausolées de saints musulmans vénérés et une porte inviolable d'une des trois mosquées historiques de la ville mythique, qui étaient classés sur la liste du patrimoine historique en péril par l'Unesco, suscitant une vague de condamnations au Mali et à l'étranger.

Ces groupes islamistes - Ansar Dine, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) - ont chassé de Gao et Tombouctou les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), leur ex-allié sécessionniste et laïc.

Un putsch perpétré le 22 mars a accéléré la partition du Mali dont les autorités de transition, mises en place après le retrait des putschistes du pouvoir, sont totalement incapables de mettre fin à l'occupation du Nord.

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