NOUVELLES

L'ONU menace d'imposer des sanctions contre les islamistes dans le nord du Mali

05/07/2012 08:18 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Le Conseil de sécurité de l'ONU a menacé jeudi d'imposer des sanctions aux combattants islamistes présents dans le nord du Mali et a condamné la destruction de tombes sacrées dans la ville historique de Tombouctou, sans toutefois autoriser une intervention militaire dans la région.

Dans une résolution adoptée jeudi, le Conseil de sécurité s'inquiète de la dégradation de la situation humanitaire dans la région et de l'augmentation des enlèvements. Le Conseil réclame le rétablissement de l'ordre constitutionnel dans le nord du Mali et la fin des hostilités qui ont commencé après le coup d'État du mois de mars dans la capitale, Bamako.

Le Conseil n'a toutefois pas approuvé le déploiement militaire proposé par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union africaine, qui aurait impliqué 3200 militaires, policiers et civils.

Le président de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouedraogo, a indiqué que son organisation envisageait d'adopter une résolution comme première étape d'une opération militaire chargée de déloger les islamistes du nord du Mali.

«Je crois que c'est une étape importante pour parvenir à la paix et à la stabilité au Mali compte tenu de la détérioration rapide de la situation», a-t-il déclaré.

L'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, a indiqué que le financement de la mission devait encore être discuté et que le Conseil ne donnerait pas carte blanche à la CEDEAO.

«Nous devons d'abord obtenir le concept de l'opération et la stratégie politique de la CEDEAO», a expliqué M. Araud. «Cette résolution est une preuve que nous allons les accueillir de façon positive.»

Le Parlement malien a adopté cette semaine une résolution appelant le gouvernement à permettre le déploiement d'une force internationale dans le nord du pays.

La faction islamiste Ansar Dine a pris le contrôle de Tombouctou la semaine dernière après en avoir chassé les séparatistes touaregs qui ont aidé les islamistes à prendre le contrôle du nord du Mali il y a trois mois. Ansar Dine a provoqué un tollé international pour avoir détruit les célèbres tombes de six saints soufis et la porte d'une mosquée vieille de 600 ans.

La Cour pénale internationale (CPI) estime que la destruction de l'héritage de Tombouctou pourrait être considéré comme un possible crime de guerre.

Lundi, le porte-parole d'Ansar Dine a affirmé que sa faction ne reconnaissait pas les Nations unies ni la CPI.

«Le seul tribunal que nous reconnaissons est la cour divine de la charia», a dit Oumar Ould Hamaha à l'Associated Press. Il a affirmé que son groupe avait suivi un «ordre divin» en détruisant les tombes parce que les sépultures ornementales violent la loi islamique.

Le groupe Ansar Dine serait lié à la branche d'Al-Qaïda présente en Afrique du Nord.

PLUS:pc