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Le général Mood opposé à l'armement des observateurs en Syrie

05/07/2012 08:25 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, s'est opposé jeudi à Damas à l'armement des 300 personnes sous ses ordres car cela modifierait radicalement les relations avec la population.

"Donner des armes à une petite force d'observateurs n'est pas la bonne option. Notre engagement avec le peuple syrien, avec les familles syriennes, est basé sur le fait que nous venons sans armes et que nous acceptons et sommes honorés de l'hospitalité que le peuple nous offre", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse dans un hôtel de la capitale.

"C'est ce qui nous protège en tant que force d'observation non armée. Dès que vous vous présentez avec un fusil et que vous frappez à la porte de quelqu'un, l'histoire devient totalement différente",

Les 300 observateurs de l'ONU étaient arrivés mi-avril pour surveiller un cessez-le-feu approuvé par le régime comme par l'opposition dans le cadre du plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, resté toutefois lettre morte en raison de la recrudescence des violences.

Depuis le 15 juin, ils ont dû cesser leurs opérations en raison de l'accroissement de la violence dans le pays.

"Notre protection la plus importante (...) est que nous sommes engagés à assurer le bien-être du peuple syrien. Nous croyons fermement que prendre le risque d'être sans armes dans certaines situations nous offre plus de protection que si nous étions armés", a-t-il ajouté.

"C'est cette option que devrait choisir tous ceux qui sont impliqués dans la crise syrienne car cela aboutirait à la cessation de la violence et à un début de dialogue", a-t-il souligné.

Le 16 juin, une des figures majeures de l'opposition syrienne, Burhan Ghalioun, a appelé au déploiement de Casques bleus en Syrie après l'annonce de la suspension de la mission des observateurs de l'ONU dans ce pays en raison des violences.

"Aujourd'hui, il est clair qu'on ne peut pas compter sur des observateurs désarmés, il faut envoyer en Syrie des Casques bleus, une mission plus nombreuse et capable de se protéger contre la violence de ce régime", avait-il dit lors d'une réunion d'opposants syriens à Istanbul.

Le général Mood s'est déclaré par ailleurs incapable de dire qui prenait le dessus entre le régime et les opposants. "Nous voyons que la violence s'accroît, mais je n'ai pas assez d'informations pour connaître l'équilibre de forces dans chacune des régions".

Le général norvégien, qui a proposé une restructuration de sa force en renforçant les huit centres régionaux d'opérations, a reconnu qu'il pouvait y avoir une certaine déception.

"Même s'il y a une frustration parfaitement compréhensible à cause de la situation sur le terrain et qu'il existe de grands espoirs, mon impression générale est que notre mission est respectée (par les deux parties) en Syrie et par la plupart des acteurs internationaux, car nous avons réussi à être une voix impartiale sur le terrain".

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