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JO-2012 - Equitation: la Grande-Bretagne à cheval et en ordre de bataille

05/07/2012 05:29 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

"Un cheval! Un cheval! Mon royaume pour un cheval", implorait le roi Richard III, jeté à terre et près de succomber dans la pièce éponyme de William Shakespeare: aux Jeux de Londres, la Grande-Bretagne s'est bien remise en selle pour briller en sports équestres.

Avec des moyens financiers quasi illimités depuis 15 ans et un programme de détection affûté, la Fédération britannique d'équitation (BEF), placée sous le patronage de Camilla, épouse du prince Charles, a bien préparé les JO.

Ses cavaliers visent la victoire en dressage par équipes et au moins une médaille en saut d'obstacles, avec notamment le +dur à cuire+ Nick Skelton, 54 ans.

Skelton, qui comptabilise 168 Coupes des nations et six jeux Olympiques -ce seront ses 7e à Londres-, s'était brisé les cervicales il y a une dizaine d'années en tombant de cheval. Aux Jeux, l'heureux cavalier aura le choix du roi entre le gris Carlo 273 et le bai Big Star.

Mais c'est bien en concours complet, et toujours sur fond de royauté, que s'exprime pleinement la passion équine du pays. La discipline, dont les concours annuels de Badminton et Burghley attirent des foules énormes (quelque 200.000 personnes à Badminton), fait la part belle à la gente féminine.

"Le concours complet représente la quintessence de ce qu'on attend d'une monture, le devoir et le courage. Des qualités que nous voudrions encore et toujours offrir au monde. Et puis c'est tellement mêlé à l'histoire récente de la monarchie", souligne un journaliste spécialisé.

Depuis la naissance du pur-sang anglais au XVIe siècle, l'équidé a constitué un des traits de la civilisation britannique, essaimé à travers les conquêtes territoriales. Si, pour les classes aisées, posséder un futur vainqueur du Derby d'Epsom était (et reste) un rêve quasi inaccessible, gentilhommes et hobereaux pouvaient tous s'équiper de chevaux d'un niveau inférieur pour battre la campagne et signifier leur rang.

Mary King, qui participera à 51 ans à ses 6e JO, est la grande dame du concours complet. La cavalière du Devon possède la particularité de n'être pas du sérail, se démarquant ainsi de ses équipiers olympiques William Fox-Pitt, Kristina Cook et surtout Zara Phillips.

Zara, 31 ans, est la fille de la princesse Anne d'Angleterre, sacrée championne d'Europe de complet en 1971, premier membre également de la dynastie à participer aux JO, et du capitaine Mark Phillips, médaille d'or par équipes aux Jeux de Munich en 1972.

Anne avait avoué que son sport, le plus périlleux du programme olympique, lui conférait le droit de revendiquer "une certaine audace" et ainsi de s'affranchir de la routine de la Cour.

Mais autant la fille de la reine Elizabeth II faisait l'unanimité dans le milieu équestre, autant Zara, championne du monde en 2006 à Aix-la-Chapelle (Allemagne), est qualifiée pour le moins de +rude+ (mal élevée), à l'encontre non seulement de ses semblables mais aussi des chevaux.

Pourtant le 30 juillet, jour du cross sur le parcours tout en dénivelé du parc royal de Greenwich, d'où on capte une vue imprenable sur les tours de la City, le coeur de sa gracieuse majesté et de tous ses sujets battra pour Zara et les +wonderful girls+ de l'Eventing (concours complet).

"Ce sera peut-être, hors stade olympique, l'événement des Jeux", prédit Lord Sebastian Coe, un des grands champions du demi-fond de l'histoire et, ce qui ne gâte rien, passionné de chevaux.

asc/ol/jmt

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