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Inquiétude sur les capacités de Tripoli à assurer la sécurité des élections

05/07/2012 05:54 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Les élections législatives de samedi en Libye sont les premières organisées démocratiquement dans ce pays après plus de 40 ans de dictature et des craintes s'expriment sur les capacités du gouvernement de transition à assurer la sécurité du scrutin.

La situation pourrait surtout être tendue dans l'Est, où des partisans du fédéralisme, réclamant plus de sièges parmi les 200 élus de la future Assemblée constituante, ont appelé au boycott des élections et menacé de saboter le processus électoral.

L'organisation International Crisis Group (ICG) a prévenu que "des manifestants armés qui (... menaçaient) de perturber le vote dans la partie orientale du pays".

Le 1er juillet, des hommes armés ont saccagé les bureaux de la Commission électorale à Benghazi, bastion de la révolte libyenne à l'Est, mettant le feu à des documents et détruisant du matériel informatique.

A deux jours du scrutin, un incendie "criminel" a ravagé un dépôt contenant du matériel électoral à Ajdabiya (Est), ont annoncé des responsables électoraux en assurant que le vote aurait bien lieu samedi, avec du matériel supplémentaire stocké à un autre endroit.

Le gouvernement négocie aussi depuis quelques jours le départ d'un groupe de partisans du fédéralisme qui perturbent le trafic sur une route stratégique reliant l'Est à l'Ouest.

Ces protestataires réclament une "répartition équitable" des sièges de l'Assemblée constituante entre l'Ouest, le Sud et l'Est. Les autorités ont en effet attribué, sur la base de données démographiques, 100 sièges à l'Ouest, 60 à l'Est et 40 au Sud.

Certains groupes islamistes de cette région, considérés comme une minorité par les autorités, s'opposent au vote, estimant que le Coran devrait être la Constitution du pays.

Des représentations occidentales et des bureaux de la Croix Rouge, en particulier dans l'Est, ont été visés par des attaques, dont certaines ont été revendiqués par un groupe islamiste inconnu, mais sans faire de morts.

Et le ministère de l'Intérieur a récemment annoncé avoir reçu des rapports des services de sécurité faisant état de plans de partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi visant à perturber le déroulement des élections.

Outre ces oppositions, les affrontements meurtriers qui éclatent régulièrement entre groupes et milices armés, souvent formés d'anciens combattants rebelles, en particulier dans le sud et l'ouest du pays, représentent aussi une source d'inquiétude.

Amnesty International a prévenu jeudi que personne ne contrôlait réellement ces groupes armés, souvent en conflit les uns avec les autres et qui risquent de faire dérailler un processus de transition déjà fragile.

"Il y a des problèmes ici et là, mais nous ne pensons pas qu'ils auront une incidence sur les élections", a néanmoins assuré mercredi Salem Guenen, vice-président du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir). "Nous sommes très optimistes", a-t-il affirmé.

Le porte-parole du gouvernement intérimaire, Nasser al-Manaa, a appelé "tous les Libyens, hommes et femmes, à participer, à protéger et être fiers de ces élections qui constituent une étape vers la stabilité et le développement."

Les autorités ont indiqué avoir mis en place un plan de sécurité mobilisant 40.000 membres des services de sécurité, appuyés par 13.000 hommes de la jeune armée libyenne en cours de construction.

Le chef des armées, Youssef al-Mangush, a assuré que les soldats auraient la responsabilité du transport des bulletins de vote et mèneraient des patrouilles pour surveiller le littoral et l'espace aérien libyen.

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