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Indigénisation des banques étrangères au Zimbabwe: un gâchis (banque centrale)

05/07/2012 06:43 EDT | Actualisé 04/09/2012 05:12 EDT

Le gouverneur de la Banque centrale du Zimbabwe, Gideon Gono, a réitéré jeudi ses mises en garde contre l'application aux banques de la loi dite "d'indigénisation", estimant que c'était du "gaspillage".

Cette loi oblige les entreprises étrangères à céder la majorité de leur capital à des Zimbabwéens noirs.

"Aucune loi n'autorise l'arbitraire ou l'expropriation d'actifs bancaires au Zimbabwe, pas plus hier que demain", a déclaré M. Gono dans un communiqué.

Pour M. Gono, les Zimbabwéens désireux d'ouvrir une banque doivent en faire la demande à la Banque centrale. "Nous leur donnerons une licence pour s'établir et être propriétaire à 100%", a-t-il dit.

Et c'est plus judicieux "que de gaspiller de l'argent en prenant le contrôle des banques des autres", a-t-il ajouté, alors que la politique d'indigénisation coûte cher à l'Etat, obligé d'indemniser les propriétaires.

Cette politique vise notamment des établissements britanniques tels que la Barclays ou la Standard Chartered Bank.

Mercredi, le ministre de l'Indigénisation Saviour Kasukuwere a lancé un ultimatum aux banques et sociétés étrangères (tourisme, cliniques et écoles privées, etc) pour appliquer la loi et passer sous le contrôle de Zimbabwéens noirs, leur donnant un an pour s'exécuter.

Le Zimbabwe du président Robert Mugabe a adopté cette loi en 2007. Elle reste controversée et source de tensions au sein du gouvernement d'union nationale formé avec son rival Morgan Tsvangirai, Premier ministre depuis 2009..

M. Gono, rejoignant l'avis du Premier ministre, estime que cette loi fera fuir les investisseurs, alors que le pays se remet d'une décennie de grave crise économique marqué par une hyperinflation record.

Le gouverneur a également annoncé jeudi qu'il s'entretiendrait avec le président Mugabe à ce sujet, sans donner de date.

gb/clr/hba

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