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France: la presse en crise, pas de journaux en kiosque jeudi

05/07/2012 03:46 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

La quasi-totalité de la presse française, nationale et régionale, était absente des kiosques jeudi, en raison de l'appel à la grève d'un syndicat du secteur technique, inquiet de nombreux projets de suppressions d'emplois.

L'échec du rapprochement entre les groupes de presse régionale Hersant Média et le belge Rossel, annoncé la semaine dernière, a mis au grand jour les difficultés à restructurer un secteur en crise.

La Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication CGT (Filpac-CGT), accusée par les deux groupes d'avoir fait échouer l'opération, a délibérément placé le débat au plan national.

Estimant que "la casse sociale et la destruction des titres sont en marche", le syndicat a listé les licenciements "obtenus ou envisagés: chez Hersant 670 départs, suivis de 116 au groupe EBRA (surtout présent dans l'est de la France) et 1.000 chez Presstalis", la société de distribution de journaux au bord de la faillite.

La Filpac-CGT, qui cite aussi des suppressions de postes à France Soir, au Figaro, à Paris Portage, aux Echos et à La Tribune, exige notamment un moratoire sur les licenciements et l'intervention du gouvernement.

L'appel à la grève lancé par la Filpac-CGT a été vivement critiqué par les patrons de presse. Le Syndicat de la Presse Quotidienne Régionale (SPQR) a condamné une "attitude intransigeante, destructrice de valeur pour les entreprises et à terme pour l'emploi".

Quant aux patrons de quotidiens nationaux, ils considèrent qu'il s'agit d'une "prise d'otages" de l'ensemble de la presse quotidienne nationale.

L'arrivée du numérique a modifié profondément l'équilibre de la presse. La diffusion de la PQR baisse de 2% à 2,5% par an et ses recettes publicitaires se sont effondrées depuis 2009.

L'activité des messageries a été fortement affectée par l'effondrement des ventes en kiosque de la presse nationale (tous titres confondus) qui ont diminué en valeur de 25% entre 2008 et 2011. Une baisse d'autant est attendue sur les quatre années suivantes.

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