NOUVELLES

Chine: la Tibétaine Woeser privée de réception du 14 juillet à Pékin

05/07/2012 04:45 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Woeser, auteure tibétaine et l'une des voix les plus critiques sur la présence chinoise au Tibet, a annoncé ne pas pouvoir se rendre à la réception de la fête nationale française en raison de pressions de la police chinoise.

Woeser a annoncé sur Twitter que les autorités avaient clairement signifié à son époux qu'elle ne pourrait se rendre à l'ambassade de France à Pékin pour la réception du 14 juillet.

"Mon mari vient de rentrer après avoir bu le thé", écrit-elle -- utilisant la formule consacrée pour signifier une convocation à une réunion avec les services de sécurité chinois -- "et il m'a transmis cet ordre de la police: 'le 14 juillet vous ne pourrez pas aller à l'ambassade de France pour célébrer la fête nationale française'".

"Alors j'envoie via Twitter mes excuses à l'ambassade de France. Ce n'est pas que je ne veux pas y aller. C'est que la police secrète ne m'autorise pas à y aller", écrit-elle au sujet de la réception prévue en fait le 13 juillet.

En 2003, cet écrivain et poètesse militante avait perdu son travail dans un magazine. Elle a été assignée à résidence, censurée et fait depuis l'objet d'une surveillance constante.

Woeser forme avec Wang Lixiong, un intellectuel chinois qui s'était fait remarquer en 1999 pour un livre fustigeant la politique de Pékin au Tibet, l'un des couples d'intellectuels les plus connus et les plus critiques de Chine.

Dans un deuxième tweet tard mercredi, Woeser explique que les autorités veulent probablement éviter "l'embarras" de voir "des ennemis se rencontrer" puisque "l'ambassade de France invite aussi des fonctionnaires" chinois pour la fête nationale.

"Je suis sûre que je ne suis pas la seule à qui on interdit d'y aller", dit cette quadragénaire fille d'un officier han, l'ethnie majoritaire en Chine, et d'une cadre communiste tibétaine et qui défend sans relâche la cause tibétaine.

Il n'est pas rare que les autorités chinoises interdisent à des critiques du régime de se rendre à des réceptions dans des ambassades occidentales.

Me Mo Shaoping -- avocat notamment du lauréat emprisonné du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo -- n'avait pu se rendre en septembre 2011 à une réception à l'ambassade de France à l'occasion de la visite du chef de la diplomatie de l'époque Alain Juppé, et pas davantage à celle d'Allemagne pour une visite de la chancelière Angela Merkel en février dernier.

pt/jh

PLUS:afp