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USA: la découverte d'une nouvelle particule, une fenêtre sur l'inconnu (physiciens)

04/07/2012 04:40 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

La découverte annoncée mercredi au Cern à Genève d'une nouvelle particule compatible avec le célèbre boson de Higgs, pièce manquante de la physique moderne, ouvre une fenêtre sur l'inconnu pouvant révolutionner la compréhension de l'univers, selon des physiciens américains.

"Nous ne pouvons pas encore dire si le phénomène dont nous faisons part est effectivement le boson de Higgs car cela nécessitera beaucoup plus de données", explique Christoph Paus, professeur de physique au Massachusetts Institute of Technology (MIT), l'un des deux principaux chercheurs de l'équipe du Cern impliquée dans la traque du Higgs.

"Si cela est confirmé, nous franchirons alors une étape importante dans notre compréhension de la nature", ajoute-t-il dans un communiqué publié mercredi sur le site du MIT.

"Si ce que nous observons est quelque chose d'autre que le boson de Higgs, ce pourrait même être encore plus important", juge le scientifique, soulignant que les physiciens "ne comprennent pas encore la nature de cette nouvelle particule".

"Nous soupçonnons qu'il s'agisse du Higgs comme prédit dans le Modèle standard de la physique des particules élémentaires, mais ce pourrait aussi bien être autre chose", dit-il.

"Il y a par exemple la théorie dite de supersymétrie, qui prédit l'existence de davantage de particules de ce type (de masse élevée, ndlr) que nous pourrions découvrir en poursuivant l'analyse des données" produites par les milliards de collisions de protons dans l'accélérateur de particules du Cern.

"La découverte de telles particules serait encore plus excitante et déboucherait sur une autre révolution dans notre compréhension de la physique des particules", prédit le professeur Paus.

Pour cela, "nous devons garder nos yeux grands ouverts dans la poursuite de nos recherches de particules similaires à celles que nous avons découvertes, car l'histoire nous dit que quand on trouve une particule il pourrait bien y en avoir d'autres qui se cachent pas très loin".

Pour Paul Padley, professeur de physique à l'Université Rice au Texas (sud), la découverte de cette particule "ouvre une fenêtre clé pour comprendre pourquoi l'univers existe et pourquoi nous sommes ici".

"Cette découverte pourrait ainsi nous éclairer sur les secrets de la matière sombre", estime-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Cette matière mystérieuse formerait un quart de l'Univers alors que la matière visible ne représenterait que 5% du cosmos. Les 70% restants sont l'énergie sombre qui expliquerait pourquoi l'expansion de l'Univers s'accélére.

Notant que plusieurs théories tentent d'expliquer la matière sombre, le professeur Padley, également membre de l'équipe du Cern, relève que celles-ci pourront être testées en utilisant cette nouvelle particule dont on a défini la masse (125 gigaélectron-volts).

"Nous allons désormais pouvoir reprendre les analyses et affiner tous les calculs ce qui pourrait nous donner une meilleure idée d'où chercher pour trouver la matière noire", dit-il.

"Le prochain objectif à court terme est ainsi d'obtenir plus de données pour pouvoir, nous espérons, étudier en détail les propriétés de cette particule et confirmer qu'il s'agit du boson de Higgs ou de quelque chose d'autre", a encore précisé le physicien, avant de lancer: "c'est une période très excitante".

js/sam

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