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Un départ d'Assad au centre d'une réunion vendredi d'Occidentaux et Arabes

04/07/2012 11:57 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Une centaine de pays occidentaux et arabes se réunissent vendredi à Paris pour pousser au départ du président syrien Bachar al-Assad et convaincre la Russie, qui boycotte la rencontre, de rompre avec son allié traditionnel.

Il s'agit pour la troisième conférence des Amis du peuple syrien, qui sera ouverte par le président François Hollande, d'acculer Damas à "appliquer le plan de Genève" de l'émissaire international Kofi Annan sur une transition politique et un cessez-le-feu jamais respecté, selon un diplomate occidental.

"Il faut exercer toute la pression possible sur le régime meurtrier de Bachar al-Assad", ce qui pourrait passer par une "extension des sanctions", a déclaré mercredi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

Avec son homologue britannique William Hague, le ministre français a aussi exhorté Moscou à cesser de soutenir Damas. "La Russie doit comprendre qu'on va vers l'effondrement" du régime syrien, a insisté M. Hague.

Mais à la veille de la réunion, alors que le bilan meurtrier du conflit s'aggrave chaque jour sans que le président syrien ne fléchisse, son intérêt posait question, les précédentes rencontres à Tunis en janvier et à Istanbul en avril n'ayant eu que des résultats symboliques.

"Il y a le sentiment qu'il y a beaucoup trop de discussions dans des beaux hôtels, dans d'agréables réunions alors que l'on agit trop peu pour aller de l'avant et arrêter la violence", s'est énervé mercredi à Damas le chef des observateurs des Nations unies, le général Robert Mood.

"Cette multitude de réunions qui se soldent par un fiasco est ridicule. Cela montre le désarroi des Occidentaux et de certains pays arabes: ils n'ont plus rien d'important à proposer. Ce qui fera changer les choses, c'est la situation sur le terrain", abonde Joseph Bahout, professeur à Sciences politiques.

Pour faire pression sur Damas, les pays occidentaux et arabes avaient espéré arriver à Paris avec un consensus avec Moscou et Pékin.

Mais ils ne peuvent s'en prévaloir après l'accord obtenu samedi à Genève par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande Bretagne et France) qui suscite des divergences radicales d'interprétation.

Ces pays se sont entendus sur le principe d'une transition avec un nouveau gouvernement comprenant des représentants du régime et de l'opposition, mais leur document n'évoque pas le départ du président syrien.

Si pour Paris et Washington, le texte implique une transition sans Bachar al-Assad, Moscou, qui refuse son départ forcé, répète qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir.

Quant à l'opposition syrienne, elle a rejeté l'accord de Genève, y voyant une capitulation devant Moscou. Le Conseil national syrien (qui rassemble la majorité des courants) a répété qu'il n'accepterait aucune initiative "sans qu'elle appelle clairement au départ de Bachar al-Assad".

"Nous demandons que la réunion de Paris prenne une décision plus décisive après l'échec de Genève", explique à l'AFP Monzer Makhous, coordinateur des relations extérieures du CNS en Europe.

Le CNS réclame une résolution coercitive de l'ONU sous chapitre VII pour obliger le régime syrien à appliquer le plan Annan et la création d'enclaves protégées par une zone d'exclusion aérienne, rappelle-t-il. Paris et Washington sont favorables à une résolution sous chapitre VII qui inclut un possible recours à la force, mais Moscou y est opposé.

Les Amis de la Syrie souhaitent aussi "encourager" l'unification de l'opposition afin qu'elle constitue un interlocuteur crédible pour tous.

Mais réunis en début de semaine au Caire, les opposants ont surtout affiché de profondes divisions sur la transition et une éventuelle intervention militaire étrangère. "Les empoignades au Caire ont été désastreuses pour l'image de l'opposition", juge M. Bahout.

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