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Tunisie: un huissier condamné après la polémique sur l'art ayant dégénérée

04/07/2012 02:51 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

L'huissier qui avait déclenché une polémique suivie de violences en qualifiant une exposition d'art en Tunisie d'"insultante" pour l'islam, a été condamné mercredi à deux mois de prison ou au payement d'une amende d'environ 1000 euros, a indiqué à l'AFP son avocat.

L'huissier, Mohamed Ali Bouaziz avait été arrêté fin juin pour avoir commis des actes "assimilables à une atteinte à la sûreté de l'Etat" mais il a été condamné par un tribunal de Carthage, près de Tunis, pour "rassemblement illégal sur la voie publique", a précisé Me Fathi Layouni.

M. Bouaziz a le choix entre régler une amende de 2.000 dinars tunisiens ou purger la peine de prison.

Depuis le 14 janvier, date de la chute de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, un état d'urgence est en vigueur dans le pays interdisant le rassemblement de plus de deux personnes.

Le 10 juin, M. Bouaziz s'était rendu au Palais Abdellia à La Marsa, banlieue aisée de Tunis, pour constater le caractère "insultant" pour l'islam de certaines oeuvres exposées dans le cadre du "Printemps des Arts", manifestation annuelle d'arts plastiques et réclamer leur décrochage.

L'huissier se disait mandaté par "l'Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme", une association islamiste plus connue sous le nom "d'association de la vertu contre le vice", autorisée après la révolution.

Mobilisés via les réseaux sociaux, des représentants de la société civile et des personnalités politiques d'opposition s'étaient rassemblés au palais Abdellia pour "défendre la liberté de création et d'expression".

Dans la soirée, de présumés salafistes s'étaient introduits dans le palais et avaient détruit des oeuvres. Le lendemain, des émeutes éclataient dans plusieurs localités tunisiennes, faisant un mort et plus d'une centaine de blessés.

A la suite de ces incidents, un couvre-feu nocturne a été imposé durant trois jours dans le grand Tunis et dans les gouvernorats de Sousse, Monastir (est), Jendouba (nord-ouest) et Medenine (sud) en pleine saison touristique.

kl/alf/hj

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