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Tunisie: relations tendues entre pouvoir et médias

04/07/2012 12:20 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Rappel des relations tendues entre les médias et le pouvoir en Tunisie depuis la chute de l'ex-président déchu Zine El Abidine Ben Ali, début 2011.

--2011--

- 5-6 mai: Quinze journalistes travaillant pour des médias internationaux et tunisiens sont brutalisés par des policiers lors de la couverture de manifestations dans le centre de Tunis, des violences inédites depuis la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite, le 14 janvier.

- 29 juil: La commission chargée des réformes annonce avoir adopté un nouveau code de la presse donnant plus de liberté aux journalistes et créant une autorité de contrôle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel.

- 7 oct: La diffusion par la chaîne privée Nessma TV du film franco-iranien "Persepolis" déchaîne les passions et suscite une vague de violences entre partisans des libertés retrouvées et défenseurs de l'islam. Une scène du film y raconte le régime iranien de Khomeiny à travers les yeux d'une petite fille et où Dieu est représenté, ce que proscrit l'islam.

Dans les jours qui suivent, des groupes d'extrémistes tentent d'attaquer le siège de la chaîne à Tunis et le domicile du patron de Nessma TV Nabil Karoui, alors absent. Nessma présente ses excuses pour la séquence qui a provoqué la colère des extrémistes.

--2012--

- 7-8 jan: Nominations à la tête des principaux médias publics. Les organisations professionnelles dénoncent "une "soumission au diktat politique".

- 8 mars: Le directeur du quotidien arabophone Ettounsia, Nassredine Ben Saïda, est condamné à 1.000 dinars (environ 500 euros) d'amende pour "atteinte aux bonnes moeurs" après avoir publié sur sa Une une photo de nu. Son incarcération huit jours en février est la première d'un journaliste depuis la chute de Ben Ali.

- 21 avr: L'Instance indépendante chargée de réformer l'information et la communication (Inric) met en garde contre toute éventuelle privatisation des médias publics, s'inquiétant de "déclarations de plus en plus insistantes" de certains dirigeants du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement.

- 24 avril: Limogeage sans ménagement du directeur général de la radio nationale Habib Belaïd. Quatre directeurs de stations régionales annoncent leur démission pour protester contre cette éviction "humiliante".

- 25 avr: Levée du sit-in devant le siège de la télévision nationale à Tunis pour réclamer une "épuration" au sein de la chaîne. Depuis début mars, quelques dizaines de personnes, la plupart proches d'Ennahda, se relayent pour camper devant le siège de la télé publique "al-Watanya" qu'ils accusent d'être aux mains de RCdistes (membres du RCD, parti dissous de Ben Ali) ou de "gauchistes" tentant, selon eux, de "semer la sédition et créer la zizanie".

- 30 avr: L'Inric dénonce "les dérives" dans le secteur des médias, regrettant la multiplication des "règlements de comptes personnels et politiques".

- 3 mai: Nabil Karoui, patron de Nessma TV, jugé pour "atteinte au sacré" après la diffusion du film Persepolis, est condamné à une amende de 2.400 dinars (1.200 euros). Ouvert en novembre 2011, son procès a déchaîné les passions entre défenseurs des libertés et milieux islamistes extrémistes responsables de violences.

- 30 juin: Le directeur de la chaîne nationale de télévision al-Watanya, Sadok Bouaben, est limogé après le passage d'une ancienne responsable du parti au pouvoir sous le régime de Ben Ali, une décision réclamée par des députés.

- 4 juil: L'Inric annonce mettre fin à son travail faute de pouvoir accomplir sa mission, accusant le gouvernement de recourir à "la censure".

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