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Syrie: le général Mood critique les parlottes dans les "beaux hôtels"

04/07/2012 08:16 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Le chef des observateurs des Nations unies en Syrie a critiqué mercredi les palabres de la communauté internationale dans des endroits luxueux alors que peu de choses sont faites sur le terrain où la situation est dramatique.

"Il y a le sentiment qu'il y a beaucoup trop de discussions dans des beaux hôtels, dans d'agréables réunions, alors que l'on agit trop peu pour aller de l'avant et arrêter la violence", a déclaré à Damas le général Robert Mood.

Ce coup de colère de l'officier supérieur norvégien survient alors que depuis le 15 juin, les 300 observateurs sous son commandement ont dû cesser leurs opérations en raison de l'accroissement de la violence dans le pays.

"Pour les parties impliquées (dans le conflit), l'urgence de faire cesser les violences est sans doute la question la plus importante", a-t-il dit aux journalistes dans le hall d'un hôtel de la capitale syrienne.

Il a indiqué avoir participé à la réunion du 30 juin à Genève, la qualifiant de "très importante". "Ce fut difficile mais selon moi, nous avons abouti au meilleur résultat possible en vue d'une issue pacifique pour le peuple syrien", a-t-il déclaré.

Samedi à Genève, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) ainsi que la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe se sont accordés sur les principes d'une transition en Syrie, où la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad lancée en mars 2011, s'est transformée en conflit armé.

Après la réunion, les participants ont divergé sur l'interprétation de l'accord, Washington estimant qu'il ouvrait la voie à l'ère "post-Assad", tandis que Moscou et Pékin, alliés de Damas, réaffirmaient qu'il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir.

Le général Mood a rappelé que "les opérations (des observateurs) avaient été suspendues le 15 juin car le niveau de violence était devenu trop élevé, rendant difficile l'application du mandat de la mission".

"Nous réexaminons quotidiennement la situation et dès que les conditions sur le terrain nous permettent de mener à bien notre mission, nous la reprendrons", a-t-il ajouté.

Interrogé sur l'avenir de la mission, le général Mood a précisé qu'elle "prenait fin le 20 juillet et ce qui se passera ensuite est du ressort du Conseil de sécurité de l'ONU".

"Mais je reste convaincu que l'engagement de l'ONU en faveur du bien-être du peuple syrien et de son avenir restera fort après cette date", a-t-il encore dit.

Les 300 observateurs de l'ONU étaient arrivés mi-avril pour surveiller un cessez-le-feu approuvé par le régime comme par l'opposition dans le cadre du plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, resté toutefois lettre morte en raison de la recrudescence des violences.

Les observateurs ont plusieurs fois rapporté avoir été empêchés de se rendre sur un site qu'ils souhaitaient voir, et avoir même été pris pour cible.

Le 12 juin, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait souligné qu'il serait "très difficile" de prolonger au-delà de juillet la mission des observateurs.

bur-sk/ram/cco

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