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Occidentaux et Arabes vendredi à Paris pour pousser Assad vers la sortie

04/07/2012 08:41 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Une centaine de pays occidentaux et arabes se réunissent vendredi à Paris pour tenter d'obtenir un départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad, en dépit de l'opposition de la Russie, grande absente à nouveau de cette troisième rencontre des Amis du peuple syrien.

Après les réunions de Tunis en février et d'Istanbul en avril, cette conférence qui sera ouverte par le président français François Hollande constituera "un soutien accru de la communauté internationale" au peuple syrien et "une pression sur le régime" de Bachar al-Assad, a résumé le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Il s'agit "d'encourager" l'opposition syrienne à s'unifier afin qu'elle soit un interlocuteur crédible pour tous et "d'accroître la pression sur le régime syrien pour que soit appliqué le plan de Genève" de l'émissaire international Kofi Annan sur une transition politique et un cessez-le-feu jamais respecté, selon une source diplomatique occidentale.

Mais à la veille de la réunion, alors que le bilan meurtrier de la répression et des combats s'aggrave chaque jour, son intérêt laissait perplexe.

"Cette multitude de réunions qui se soldent par un fiasco est ridicule. Cela montre le désarroi des Occidentaux et de certains pays arabes: ils n'ont plus rien d'important à proposer. Ce qui fera changer les choses, c'est la situation sur le terrain", analyse Joseph Bahout, professeur à Sciences politiques.

Pour acculer Damas, les pays occidentaux et arabes espéraient arriver à Paris avec en main un consensus avec Moscou et Pékin.

Mais ils ne peuvent s'en prévaloir après l'accord obtenu samedi à Genève par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France - qui donne lieu à des divergences radicales d'interprétation.

Ces pays se sont entendus sur le principe d'une transition avec un nouveau gouvernement comprenant des représentants du régime et de l'opposition, mais sans évoquer explicitement le départ du président syrien.

Si pour Paris et Washington le texte donne des garanties sur une transition sans Bachar al-Assad, Moscou, qui refuse son départ forcé, répète qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir et accuse certains pays occidentaux de chercher à "dénaturer" l'accord de Genève.

Quant à l'opposition syrienne, elle a rejeté les résultats de cette rencontre en Suisse, y voyant une capitulation devant Moscou. Le Conseil national syrien (qui rassemble la majorité des courants) a répété qu'il n'accepterait aucune initiative "sans qu'elle appelle clairement au départ de Bachar al-Assad".

"Nous demandons que la réunion de Paris prenne une décision plus décisive après l'échec de Genève", explique à l'AFP Monzer Makhous, coordinateur des relations extérieures du CNS en Europe. Le CNS réclame une résolution coercitive de l'ONU sous chapitre VII pour obliger le régime syrien à appliquer le plan Annan et la création d'enclaves protégées par une zone d'exclusion aérienne, rappelle-t-il.

Paris et Washington sont favorables à une résolution sous chapitre VII qui inclut un possible recours à la force, mais Moscou y est opposé.

Pour tenter de présenter à Paris une vision unifiée sur la période de transition, les opposants se sont aussi réunis lundi et mardi au Caire sous l'égide de la Ligue arabe. Mais s'ils se sont accordés pour dire que "le début d'une solution politique doit débuter par le départ du régime de Bachar al-Assad", la réunion a surtout montré leurs divisions.

L'Armée syrienne libre (ASL) l'a boycottée, la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) s'en est retirée estimant que "parler de l'unité de l'opposition syrienne ne sert qu'à masquer l'impuissance de la communauté internationale". Et le Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND) a dénoncé une feuille de route "pas claire" sur fond de divergences sur une intervention militaire étrangère.

dp/prh/jlb

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