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Les islamistes du Front Al-Nusra revendiquent des attentats en Syrie

04/07/2012 07:18 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Un groupe se réclamant d'Al-Qaïda a revendiqué la responsabilité d'une dizaine d'attentats commis à travers la Syrie au cours des derniers mois, signe que les militants islamistes exploitent l'instabilité politique pour s'infiltrer dans un autre pays de la région.

Le régime syrien affirme depuis longtemps que des «terroristes» sont derrière la révolte contre le régime de Bachar el-Assad, qui dure depuis 16 mois. L'apparente présence en Syrie de groupes liés à Al-Qaïda complique la tâche des pays arabes et occidentaux qui veulent tenter de déloger Bachar el-Assad du pouvoir.

L'opposition civile et l'Armée libre de Syrie, composée de déserteurs de l'armée syrienne, nient tout lien avec les groupes terroristes. Ils affirment ne pas avoir la capacité ni la volonté d'organiser des attentats-suicide et d'autres attaques spectaculaires dans le style d'Al-Qaïda.

Selon le groupe américain SITE, qui surveille les sites Internet islamistes, le Front Al-Nusra a diffusé des communiqués sur des sites extrémistes en juin pour revendiquer des attentats en Syrie, affirmant qu'ils visaient à venger le meurtre de Syriens par le gouvernement.

L'un de ces attentats a visé les locaux d'une télévision pro-gouvernementale dans la ville de Drousha, au sud de Damas, le 27 juin. Sept personnes ont péri dans l'attaque contre Al-Ikhbariya TV.

Le Front Al-Nusra accuse la chaîne d'être au service du régime et affirme que l'attentat visait à faire goûter à la chaîne «le goût de la torture». Le communiqué est accompagné des photos de 11 hommes qui auraient été enlevés lors de l'attentat.

Al-Ikhbariya TV est une chaîne privée, mais elle sert souvent de porte-voix du régime.

Les autres attaques revendiquées par le groupe comprennent des dizaines de raids armés et d'attentats à la bombe, dont des attentats-suicide, commis dans plusieurs villes de Syrie.

Le Front Al-Nusra est très peu connu, mais les responsables des services de renseignement occidentaux pensent qu'il pourrait s'agir d'une façade pour les militants d'Al-Qaïda en Irak désormais présents en Syrie.

En février, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, avait appelé les musulmans à soutenir les rebelles syriens. «La Syrie blessée saigne jour après jour et le boucher (Bachar el-Assad) n'est pas découragé et ne veut pas arrêter», avait-il déclaré.

Même si l'opposition syrienne nie tout lien avec le terrorisme, la présence de combattants d'Al-Qaïda parmi les forces qui tentent de déloger le président El-Assad est un facteur de complexité supplémentaire pour les acteurs internationaux qui veulent aider l'opposition syrienne, mais sans renforcer les extrémistes dans la foulée.

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