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Élection présidentielle au Mexique: la moitié des urnes seront recomptées

04/07/2012 04:52 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

MEXICO - Les autorités électorales mexicaines ont annoncé mercredi qu'elles recompteraient le contenu de plus de la moitié des urnes utilisées lors de l'élection présidentielle de dimanche, après avoir découvert des incohérences dans le décompte des voix.

Sur les 143 000 urnes utilisées lors du scrutin, 78 012 seront rouvertes et leur contenu sera compté de nouveau, a déclaré Edmundo Jacobo, secrétaire exécutif de l'Institut fédéral électoral (IFE) du Mexique. Les autorités estiment que le recomptage ainsi que le décompte final et officiel du scrutin présidentiel seront comptabilisés d'ici dimanche, a fait savoir Ana Fuentes, porte-parole de l'IFE.

Les lois électorales mexicaines prévoient que les votes doivent être recomptés s'il y a des incohérences dans les rapports finaux du décompte, par exemple si la différence de voix entre les deux premiers candidats est de moins de un pour cent, ou si tous les votes d'une urne sont favorables au même candidat.

Selon les résultats préliminaires, après le décompte de 99 pour cent des voix, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto, arrive en tête avec 38 pour cent des votes. Il est suivi d'Andrés Manuel Lopez Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD), avec 32 pour cent des voix.

Les autorités électorales vont aussi recompter 61 pour cent des urnes utilisées pour l'élection des sénateurs et 60 pour cent des urnes ayant servi à l'élection des membres de la chambre basse du Congrès, a indiqué M. Jacobo.

Andrés Manuel Lopez Obrador a refusé d'accepter les résultats préliminaires, affirmant que la campagne avait été entachée par un dépassement des limites de dépenses électorales, l'achat de votes et un traitement favorable du candidat du PRI par la télévision.

Le candidat de gauche a déclaré mardi que son équipe avait détecté des irrégularités dans 113 855 bureaux de vote et a appelé à un recomptage complet.

Les soupçons d'achat de votes à grande échelle sont alimentés par les images des nombreux clients qui se sont précipités dans les supermarchés de la chaîne Soriana depuis le début de la semaine pour échanger les cartes-cadeaux prépayées qui leur auraient été offertes par le PRI. Plusieurs clients ont déclaré aux journalistes qu'ils avaient dû remettre une photocopie de leur carte d'électeur pour obtenir une carte-cadeau.

En vertu de la loi mexicaine, donner des cadeaux aux électeurs n'est pas un crime, sauf si le cadeau a pour objectif de conditionner ou d'influencer le vote. Le coût de ces cadeaux doit être rapporté aux autorités et ne peut excéder les limites de dépenses de campagne. Les violations de ces règles sont habituellement punies par des amendes, mais ne sont généralement pas un motif suffisant pour annuler une élection.

Les consommateurs ont pratiquement vidé les étagères du supermarché Soriana du quartier pauvre d'Iztapalapa à Mexico. Les autorités de la capitale, dirigée par le PRD, ont ordonné la fermeture d'au moins un magasin de la chaîne pour des violations alléguées des règles de sécurité.

Le PRI et la chaîne Soriana ont nié toute irrégularité électorale.

Le porte-parole du PRI, Eduardo Sanchez, a affirmé que ni le comité exécutif du parti ni l'équipe de campagne d'Enrique Peña Nieto n'avaient contracté quelque service que ce soit de la chaîne Soriana.

Questionné à savoir si certains candidats du PRI pour les postes au Congrès ou pour des postes locaux pourraient l'avoir fait au nom de M. Peña Nieto, il a répondu: «Je ne sais pas».

Le porte-parole de Soriana, Humberto Fayad, a nié que l'entreprise ait vendu de grandes quantités de cartes-cadeaux au PRI.

«Il n'y a aucun accord entre le PRI et Soriana, ni entre Soriana et un autre parti politique. Soriana est une entreprise apolitique», a dit M. Fayad.

Le Parti de l'action nationale, au pouvoir, a lui aussi accusé l'équipe de M. Peña Nieto d'avoir acheté environ 9500 cartes-cadeaux pour une valeur totale de 71 millions de pesos (5,4 millions $ CAN) afin de les distribuer aux électeurs. Les autorités affirment que les 9500 cartes ont été achetées par une entreprise et qu'elles n'ont pas trouvé de preuves directes qu'elles aient servi à acheter des votes. L'enquête se poursuit.

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