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Le Kenya renonce à acheter 4 millions de tonnes/an de pétrole iranien

04/07/2012 11:26 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Le Kenya a renoncé à acheter du pétrole à l'Iran et a dénoncé un accord signé le mois dernier en la matière, a indiqué mercredi un haut fonctionnaire kényan, invoquant les "pressions internationales" en raison d'un embargo occidental à l'encontre du brut de Téhéran.

Téhéran et Nairobi avaient signé le mois dernier un accord prévoyant la livraison de 4 millions de tonnes de brut par an au Kenya par la société nationale iranienne Inoc.

"Ce n'était pas réellement un accord, plutôt un accord de principe auquel nous avons mis fin en raison des pressions internationales", a déclaré à l'AFP Patrick Nyoike, chef de l'administration du ministère kényan de l'Energie.

"Nous ne pouvions poursuivre dans cette voie en raison de l'embargo" international, a poursuivi M. Nyoike.

L'Union européenne a décrété depuis le 1er juillet un embargo total sur l'achat mais aussi le transport de pétrole iranien, qui n'est plus garanti par les assureurs européens couvrant 90% du trafic maritime pétrolier mondial, afin de contraindre Téhéran à réduire son programme nucléaire controversé.

Parallèlement, les Etats-Unis ont obtenu de plusieurs autres gros clients de l'Iran, notamment asiatiques, qu'ils réduisent leurs importations de brut iranien pour éviter des représailles commerciales et financières décidées par Washington contre les entreprises travaillant avec l'Iran.

Le Kenya, qui importe aujourd'hui la totalité de son pétrole, a développé ses relations diplomatiques et économiques avec de nouveaux partenaires, dont la Chine et l'Iran, au détriment de ses partenaires traditionnels en Europe et aux Etats-Unis, sous la présidence du chef de l'Etat sortant Mwai Kibaki, élu en 2002 et réélu en 2007.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait notamment effectué une visite au Kenya en février 2009.

Les relations entre le Kenya et l'Iran viennent cependant de pâtir de l'inculpation fin juin à Nairobi de deux ressortissants iraniens, à qui la justice kényane reproche la détention de 15 kg de RDX, un puissant explosif découvert à Mombasa (sud-est du pays) après leur arrestation.

S'exprimant peu avant l'annonce de cette annulation, l'ambassadeur américain sortant à Nairobi avait laissé entendre que l'accord avec Téhéran risquait de nuire aux relations entre le Kenya et les Etats-Unis, des alliés de longue date.

"Il nous faut voir comment les choses vont évoluer, mais il existe des sanctions (contre l'Iran et contre les pays qui lui achètent son pétrole) et il y aura des répercussions", avait prévenu devant la presse Scott Gration.

Le porte-parole du gouvernement kényan Alfred Mutua, qui s'exprimait lui aussi peu avant l'annonce de l'annulation de l'accord, avait pour sa part défendu le bien-fondé de ce dernier.

"Quand le gouvernement signe un accord pétrolier, c'est dans l'intérêt de tous (les Kényans). Nous devons penser également à nous-mêmes en tant que pays. Nous sommes pauvres et nous avons besoin de pétrole bon marché pour rendre la vie supportable pour notre population", avait affirmé M. Mutua, interrogé au téléphone par l'AFP.

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