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Le Fonds FTQ continuera à se tenir loin du secteur de la construction

04/07/2012 05:00 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Après avoir complété son désinvestissement des entreprises de Tony Accurso, l'an dernier, le Fonds de solidarité FTQ n'entend pas se replonger de sitôt dans l'industrie de la construction.

«On va se garder un peu de distance pour l'instant», a déclaré le président-directeur général du fonds, Yvon Bolduc, au cours d'un entretien téléphonique, mercredi.

«On regarde les opportunités que nous avons comme investisseur et il y a des secteurs qui, pour toutes sortes de raisons, sont plus intéressants, a-t-il précisé. On préfère concentrer nos investissements dans ces secteurs-là.»

Dans le secteur de la construction, le Fonds détient encore des participations dans des entreprises de coffrage et de matériaux, mais il n'est pas question d'investir dans des entrepreneurs généraux, a indiqué M. Bolduc.

Jusqu'à l'an dernier, Simard-Beaudry, l'une des entreprises jadis contrôlées par Tony Accurso, devait 36 millions $ au Fonds FTQ en vertu d'un prêt contracté quelques années plus tôt.

Le fonds a finalement récupéré sa mise en acquérant le centre commercial Galeries Laval auprès d'Accurso. Simard-Beaudry et une autre entreprise de la constellation Accurso, Construction Louisbourg, ont plaidé coupable à des accusations de fraude fiscale en 2010.

Le Fonds FTQ n'a pas été invité à témoigner devant la Commission Charbonneau, qui se penche sur l'octroi des contrats publics de construction. S'il devait être convoqué, le fonds collaborerait pleinement avec la commission, a assuré M. Bolduc.

Résultats

Le Fonds FTQ a par ailleurs déjoué les pronostics pessimistes mercredi en annonçant avoir réalisé un rendement de 2,3 pour cent à son deuxième semestre, qui a pris fin le 31 mai.

La valeur de l'action du fonds passe donc à 26,59 $, en hausse de 61 cents par rapport au précédent cours, publié en janvier.

Le portefeuille d'actions de PME québécoises non cotées en Bourse et de fonds spécialisés a fait bonne figure avec un rendement de 6,4 pour cent au deuxième semestre.

Le portefeuille de titres à revenu fixe s'est apprécié de 3,2 pour cent alors que celui d'actions cotées en Bourse a reculé de 3,8 pour cent pour un rendement pondéré positif de 0,2 pour cent dans le secteur des marchés financiers. C'est nettement mieux que l'indice composé S&P/TSX, qui a reculé de 5,7 pour cent pendant la même période.

Au premier semestre, le Fonds FTQ avait enregistré un rendement global de 0,2 pour cent, en raison principalement des chutes enregistrées sur les marchés boursiers.

Pour l'ensemble de son exercice financier, le fonds affiche un rendement de 2,6 pour cent. Pendant la même période, soit du 1er juin 2011 au 31 mai 2012, l'indice principal de la Bourse de Toronto a cédé 16,6 pour cent.

En 2010-11, grâce à la bonne tenue de l'ensemble des marchés financiers, le Fonds FTQ avait enregistré un rendement annuel de 8,8 pour cent.

Plan Nord

Interrogé à propos du Plan Nord du gouvernement Charest, M. Bolduc a indiqué que le fonds n'envisageait pas, pour l'instant, d'investir directement dans des projets miniers.

«C'est certain qu'il va y avoir des projets intéressants, mais notre stratégie à ce moment-ci, c'est plus d'investir dans les entreprises qui vont venir en soutien à cette exploitation-là, par exemple des fournisseurs d'équipement», a expliqué le pdg.

Le Fonds FTQ n'est pas pour autant absent du secteur minier québécois. Il détient des investissements dans une trentaine d'entreprises de ce domaine et peut compter sur une équipe spécialisée dans les ressources naturelles.

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