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Le corps d'Arafat pourrait être exhumé pour éclaircir la cause de sa mort

04/07/2012 10:05 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

RAMALLAH, Territoire palestinien - La dépouille de l'ancien leader palestinien Yasser Arafat pourrait être exhumée pour pratiquer de nouvelles analyses et tenter d'éclaircir les causes de sa mort, a annoncé le président palestinien mercredi.

Un laboratoire suisse a affirmé avoir découvert un niveau élevé d'isotope radioactif, du polonium, sur des effets personnels ayant appartenu à l'ancien président palestinien avant sa mort à Paris en 2004.

La veuve de Yasser Arafat, Souha, a réclamé une autopsie dans la foulée de la diffusion des résultats du laboratoire, présentés dans un reportage de la télévision Al-Jazira. Dans une entrevue avec la chaîne, elle n'a pas expliqué pourquoi elle avait attendu près de huit ans pour faire effectuer des tests sur les affaires de son défunt mari, notamment une brosse à dents et un chapeau en fourrure. Au moment du décès d'Arafat, elle avait refusé l'autopsie.

L'ancien président palestinien est mort à l'hôpital militaire de Percy, dans la région parisienne, en novembre 2004, d'une hémorragie cérébrale massive, selon les médecins français. L'hémorragie avait été présentée comme la conséquence d'une chute violente quelques semaines auparavant dans son quartier général de la Moukata, à Ramallah, alors assiégé par l'armée israélienne.

Les différents médecins qui se sont penchés sur le cas, dont des experts indépendants qui ont consulté son dossier médical par l'entremise de l'Associated Press, n'ont pas pu identifier la cause de cette hémorragie. Des rumeurs persistantes laissent entendre qu'Israël aurait tué le président palestinien, ce que l'État hébreu a toujours nié.

Le directeur de l'Institut de radio-physique de Lausanne, François Bochud, a expliqué à l'Associated Press mercredi que son laboratoire avait examiné les effets personnels de Yasser Arafat, présentés par sa veuve comme les derniers qu'il a utilisés dans les jours ayant précédé sa mort, ainsi que des vêtements qu'il n'avait pas portés.

Souha Arafat affirme que ces effets personnels ont été placées dans une pièce sécurisée du bureau de son avocat à Paris. Les objets y sont restés jusqu'à ce que la chaîne Al-Jazira prenne contact avec le laboratoire en début d'année par l'entremise de Mme Arafat.

Une «faible quantité» de polonium, un isotope naturellement présent dans l'environnement, a été retrouvé, mais une quantité plus importante a été décelée dans les sous-vêtements et les vêtements d'hôpital que portait Yasser Arafat au moment de sa mort.

Cela ne signifie pas nécessairement que l'ancien président palestinien a été empoisonné, a souligné M. Bochud, mais il n'est pas possible pour l'instant de dire d'où provenait le polonium.

«Ce qu'il est possible de dire, c'est que nous avons un niveau inexpliqué de polonium, ce qui va clairement dans le sens de l'hypothèse de l'empoisonnement, mais nos résultats ne sont clairement pas une preuve d'empoisonnement», a précisé M. Bochud.

Dans un communiqué, le président palestinien Mahmoud Abbas se dit prêt à coopérer pour de nouveaux tests, à la condition que la famille Arafat accepte. «L'Autorité palestinienne était et reste totalement prête à coopérer et à fournir toutes les facilités nécessaires pour révéler les causes réelles de la mort du président», affirme M. Abbas.

«Il n'y a pas de raison religieuse ou politique qui empêche les recherches sur cette question, notamment l'examen de feu le président par un organisme médical national fiable, à la demande et avec l'approbation de sa famille», ajoute M. Abbas.

Le plus haut chef religieux des Territoires palestiniens, le moufti Mohammed Hussein, a déclaré qu'il n'y avait pas d'objection religieuse à cette autopsie.

Lors d'une entrevue à la radio israélienne, Dov Weisglass, chef du cabinet du premier ministre de l'époque, Ariel Sharon, a écarté l'hypothèse de l'empoisonnement. Il a affirmé que les responsables israéliens n'avaient jamais envisagé de tuer Arafat.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor, a affirmé que «les circonstances de la mort d'Arafat ne sont pas un mystère. (...) Il a été soigné en France, dans un hôpital français par des médecins français, et ils disposent des informations médicales».

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