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JO-2012 - Pour le judoka palestinien Abou Rmeileh, aller aux JO est déjà une victoire

04/07/2012 08:04 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Dans un minuscule vestiaire d'une modeste salle de sport de Jérusalem-Est, Maher Abou Rmeileh serre soigneusement la ceinture noire autour de son kimono bleu avant de se lancer dans une séance d'entraînement intensive en vue des JO de Londres.

Pour lui, cette participation constitue d'ores et déjà une victoire: il est devenu le premier athlète palestinien à se qualifier pour des Jeux olympiques sur son seul mérite sportif et non sur invitation.

Jusqu'à présent, des Palestiniens avaient pu participer aux JO mais par la seule grâce des invitations délivrées par le Comité international olympique (CIO) aux pays échouant à atteindre les minima olympiques.

"Je me sens bien. Je suis très content d'être le premier Palestinien à se qualifier pour les jeux Olympiques. J'ai réalisé quelque chose de grand", explique à l'AFP Maher Abou Rmeileh, "emballé" à l'idée d'aller à Londres.

En récoltant 20 points en tournois de qualification olympique, le judoka palestinien, âgé de 28 ans et originaire de Jérusalem-Est occupée et annexée (le secteur arabe de la Ville sainte), a obtenu son ticket pour Londres où il concourra dans la catégorie des -73 kg.

A l'approche du tournoi olympique, le jeune homme s'entraîne deux fois par semaine dans son club, le Jerusalem Crescent Club, qui se transforme le soir en salle de mariage.

Deux heures par jour, il va courir, nager et s'exercer dans le gymnase du YMCA de Jérusalem-Est, et consacre deux autres heures le soir aux tatamis.

Ce voyage à Londres est le couronnement de 20 ans d'efforts qui ont commencé lorsqu'il accompagnait, enfant, son père judoka à l'entraînement.

"Je me suis attaché à ce sport à cause de son esprit de combat et de la discipline qu'il impose", raconte-t-il.

"J'ai toujours pensé qu'aller aux Jeux était un rêve impossible. Mais maintenant que je suis qualifié, je sais qu'+impossible+ ne veut rien dire. Je ferais de mon mieux pour gagner quelque chose. Je n'y vais pas pour l'honneur, mais pour gagner au nom de la Palestine", dit-il.

Son entraîneur Iyad Halabi, qui dirige la délégation olympique palestinienne, a de grands espoirs.

"Le fait qu'Abou Rmeileh soit qualifié est un grand succès pour le sport palestinien. Il a mérité son billet pour Londres car il a eu quelques bons résultats à son actif, en particulier lors de son tournoi au Japon", explique Iyad Halabi.

Pour lui, les parents palestiniens doivent encourager leurs enfants à faire du sport, en particulier du judo.

Son espoir est qu'une fois créé un Etat de Palestine souverain, il sera possible de faire venir des entraîneurs professionnels de l'étranger.

Quatre autres athlètes palestiniens seront présents à Londres: Bahaa al-Farra, de Gaza, sur 400 m, Wouroud Sawalha, de Naplouse, sur 800 m, la nageuse Sabine Hazboun, de Bethléem, sur 50 m papillon et 50 m nage libre, et le nageur Ahmad Jibril, qui lui réside en Egypte, sur 400 m nage libre.

Malgré sa qualification, aucun membre de la famille de Maher Abou Rmeileh, qui a une boutique dans la Vieille ville de Jérusalem, ne pourra aller le voir en Grande-Bretagne.

"Ma qualification a été tardive et la compétition aura lieu durant le Ramadan qui est le meilleur moment de l'année pour les affaires", regrette le judoka.

Mais il est persuadé que les encouragements à distance de son père resté dans la Ville sainte se feront sentir lorsqu'il posera le pied sur le tatami.

"Mon père est si fier. Pour lui, je suis en train de réaliser son rêve".

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