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Forte hausse du prix de la bonbonne de gaz en Syrie sur le marché noir

04/07/2012 06:09 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Le prix de la bonbonne de gaz en Syrie a été multiplié par 10 sur le marché noir depuis l'éclatement de la révolte il y a près de 16 mois, en raison d'une sévère pénurie sur le marché officiel.

Cette situation est le reflet de la crise économique que traverse le pays, théâtre de violences depuis mars 2011, et de sanctions occidentales imposées contre le régime de Damas en raison de la répression de la contestation populaire.

Les centres de distribution de bonbonnes sont pris d'assaut depuis des mois et les prix au marché noir varient entre 1.400 et 2.000 livres syriennes (entre 17 et 25 euros), dans un pays où le salaire minimum est de 7.000 livres (87 euros).

La police est présente pour veiller à ce qu'il n'y ait pas de dérapage, une bagarre ayant dégénéré récemment, faisant trois morts dans la province de Damas, selon des sites internet syriens.

Début 2011, le gouvernement avait décidé d'augmenter le prix de la bonbonne de près de 60%, à 400 livres la bouteille (cinq euros) pour combattre le marché noir. Les ménages avaient également la possibilité de "commander" leurs bouteilles auprès des municipalités en présentant leur carnet de famille.

Le ministère de l'Economie a ensuite décidé de réduire le volume de la bonbonne en maintenant le prix, dans une tentative de réduire la pression sur l'offre.

Mais ces mesures n'ont pas eu raison de la pénurie et les prix sur le marché parallèle se sont envolés.

"La décision de réduire le volume de la bonbonne n'a fait qu'empirer les choses", affirme à l'AFP Abdel Karim, fonctionnaire à la retraite. "Avant, on achetait deux bonbonnes par mois, aujourd'hui, on en achète trois, c'est encore plus stressant".

Houssam, propriétaire d'un café à Jarmana dans la banlieue de Damas, a dû fermer son établissement pendant plusieurs jours avant de pouvoir acheter une bonbonne "à un prix raisonnable". "Comment gagner de l'argent en payant une bonbonne à 1.800 livres?", s'insurge-t-il.

Damas attribue cette pénurie aux sanctions européennes et américaines qui visent notamment le secteur pétrolier syrien qui a accusé des pertes de l'ordre de quatre milliards de dollars en raison de ces mesures.

Les besoins de la Syrie en gaz liquéfié sont estimés à près d'un million de tonnes par an, dont 400.000 tonnes sont produits localement. Damas tente d'importer le reste de son allié iranien et de l'Algérie après l'arrêt de ses importations des pays occidentaux.

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