NOUVELLES

Environ 150 Canadiens ont participé aux recherches sur la «particule de Dieu»

04/07/2012 07:18 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Les scientifiques du Canada ont été loués mercredi pour leur rôle dans la découverte de la «particule de Dieu», chaînon manquant de la physique qui pourrait expliquer la vie, l'univers et le reste.

Environ 150 chercheurs canadiens font partie du réseau international dont le travail a permis de trouver une nouvelle particule subatomique qui, selon la communauté scientifique, pourrait très bien être le boson de Higgs.

«C'est une grande réussite canadienne», a déclaré la physicienne des particules Isabelle Trigger, l'une des chefs d'équipe du laboratoire de physique nucléaire TRIUMF basé à Vancouver.

«Tous ces gens ont consacré 20 ans de leur vie à construire quelque chose qui a trouvé la particule que nous cherchions. Si ce n'est pas le boson de Higgs, ça ressemble drôlement à un boson de Higgs.»

La particule est l'une des plus petites unités de matière et les experts soutiennent qu'elle est la clé pour comprendre pourquoi la matière a une masse.

Les scientifiques de TRIUMF ont fabriqué plusieurs pièces d'un détecteur de particules baptisé ATLAS, une machine géante qui étudie les collisions entre les atomes et qui a rendu possible la découverte de la «particule de Dieu».

ATLAS, qui se trouve à l'intérieur du Grand collisionneur de hadrons (LHC) du Centre européen de recherche nucléaire (CERN) à Genève, a généré des millions de gigaoctets de données chaque année qui ont été partagées entre 137 pays pour analyse.

TRIUMF a traité un dixième de ces données dans son centre de calcul informatisé avec l'aide d'équipes provenant de neuf universités canadiennes avant que la découverte ne soit faite.

Plus de 40 membres de facultés universitaires, 30 boursiers post-doctoraux et 70 étudiants diplômés ont pris part à cette expérience.

Les recherches effectuées en sol canadien ont coûté environ 100 millions $ sur deux décennies, ce qui place le Canada parmi les pays à la fine pointe du progrès scientifique selon Mme Trigger. Les fonds ont été fournis à la fois par les provinces et le gouvernement fédéral.

«C'est le projet sur lequel tout le monde veut travailler. C'est l'unique projet dans le domaine de l'énergie qui nous dévoilera comment l'univers est fait», a-t-elle expliqué.

Olivier Stelzer-Chilton, un chercheur de TRIUMF, a toutefois affirmé qu'il faudrait peut-être attendre des décennies avant que le boson de Higgs ait des retombées utiles dans la vie quotidienne. Il a fait remarquer que personne n'avait prévu la création du téléphone cellulaire lorsque les ondes électromagnétiques ont été découvertes.

«Nous ne pouvons prédire l'impact de cette nouvelle présentement mais, dans 100 ans, les gens se diront probablement 'Pourquoi n'y a-t-on pas pensé avant?'», a-t-il indiqué. «Seul le futur nous permettra de voir quelles sont les applications possibles.»

PLUS:pc