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Canada:l'année cinématographique 2012 sera-t-elle aussi réussie que la dernière?

04/07/2012 12:12 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Même si les films québécois sortis en salles au cours des six premiers mois de 2012 sont loin d'avoir cartonné aux guichets, la directrice générale de Téléfilm Canada estime qu'un succès comparable à celui de 2011 n'est pas à écarter.

Chiffres à l'appui, Téléfilm Canada a dévoilé mercredi que l'industrie cinématographique canadienne avait rayonné autant au pays qu'à l'étranger en 2011.

Les films québécois ne sont pas étrangers à ces succès au box-office national puisque quatre des six longs métrages les plus lucratifs sont signés par des réalisateurs du Québec.

Or, jusqu'à présent, les résultats sont carrément catastrophiques aux guichets pour le cinéma québécois, estime Cinéac, qui se spécialise en compilation du box-office des cinémas à travers la province. Depuis que la firme compile sa base de données de manière systématique, soit 2001, le cinéma québécois connaît son plus lent départ, a signalé la porte-parole Pascale Dubé.

«On part avec un déficit, et la compétition (venant des États-Unis) ne diminue pas. Il faudra voir ce que le film 'Omertà' réussira à aller chercher cet été, mais jusqu'à maintenant, c'est plutôt dramatique», a exposé Mme Dubé.

Tout en étant consciente de la baisse enregistrée aux guichets du Québec depuis le début de l'année, la directrice générale de Téléfilm Canada, Carolle Brabant, estime que les autres plateformes pourraient compenser.

«Je pense qu'il y a un mouvement des spectateurs. Maintenant, ils ne veulent pas aller voir leur film juste sur les grands écrans», a-t-elle exposé mercredi en entrevue téléphonique.

Reste que les données quant aux revenus enregistrés depuis janvier ne mentent pas: le début de l'année a été pénible. Et avec un départ aussi laborieux, est-il réaliste de croire à une année 2012 couronnée de succès, à l'image de 2011?

«Pour le moment, c'est difficile à projeter, a convenu Mme Brabant. Il y a d'autres films qui s'en viennent. Tout ce que je peux dire, c'est qu'on va attendre les résultats.»

Indice de réussite

En 2011, Téléfilm Canada a mis en place l'«Indice de réussite», qui mesure le succès commercial, culturel et industriel des films jouissant d'une subvention de l'organisme fédéral. Cet indice prend notamment en considération les ventes nationales, incluant la télévision par abonnement, les DVD et les vidéos sur demande.

«La raison principale pour laquelle on a mis l'indice en place, c'est parce qu'on voulait tenir compte de toutes les plateformes sur lesquelles les spectateurs pouvaient aller consommer leur contenu canadien», a fait valoir Carolle Brabant.

L'indice tient également compte d'un volet «culturel», où sont recensés les prix remportés par les longs métrages canadiens sur les scènes nationale et internationale.

Mme Brabant mise d'ailleurs sur le rayonnement des films à l'étranger pour redonner un peu de vigueur à la cuvée 2012. Déjà, fait-elle valoir, les ventes à l'international semblent prometteuses, et les résultats obtenus par les réalisateurs sont fort probants.

«Il y a une belle histoire à raconter de ce côté-là. On a rarement vu une année aussi spectaculaire», a-t-elle souligné, en mentionnant l'Ours d'argent de la meilleure actrice remporté à Berlin (Rachel Mwanza, pour «Rebelle») et le prix d'interprétation raflé à Cannes (Suzanne Clément pour «Laurence Anyways»).

2011, une année lucrative

En 2011, à l'échelle nationale, les recettes aux guichets ont augmenté de 11,6 pour cent pour atteindre 27,5 millions $, selon les données fournies mercredi par Téléfilm Canada.

En tête de liste se retrouvent «Starbuck» (3,5 millions $), «Le Monde de Barney» (3 millions $), «Incendies» (2,1 millions $ ), «Breakaway» (1,9 million $), «Monsieur Lazhar» (1,8 million $) et «Café de Flore» (1,6 million $).

Les ventes nationales, qui incluent la télévision par abonnement, les DVD et les vidéos sur demande, ont plus que doublé, passant de 15 millions $ à 34 millions $, notamment grâce à «L' Imaginarium du docteur Parnassus», «Le Monde de Barney», «Incendies», «Sept jours» et «Splice».

Au cours de la même année, les récompenses obtenues par les productions canadiennes ont toutefois diminué de 20,4 pour cent par rapport à 2010, «une année tout à fait exceptionnelle, grâce principalement à 'Incendies' et 'Le Monde de Barney', alors au sommet de leur carrière internationale», a nuancé l'organisme fédéral.

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