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A Tripoli, des milliers d'affiches remplacent les portraits de Kadhafi

04/07/2012 10:48 EDT | Actualisé 03/09/2012 05:12 EDT

Les visages des candidats aux élections de samedi sont placardés dans toutes les rues de la capitale libyenne, où seul l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi avait autrefois le privilège de voir son portrait tapisser les murs.

La campagne a transformé Tripoli en une forêt d'affiches électorales, et les portraits des candidats se sont multipliés dans les lieux les plus fréquentés: carrefours, écoles magasins ou cafés. Depuis le début de la campagne qui s'achève jeudi, les posters s'agrandissent de jour en jour, chacun tentant de se faire remarquer plus que les autres.

Pour se faire connaître, les grands moyens ont été déployés par les candidats indépendants comme par les partis politiques, lors des premières élections libres après plus de quatre décennies de dictature du Guide suprême Kadhafi.

La Commission électorale libyenne avait plafonné le financement de la campagne à 70.000 dinars libyens (56.000 dollars) pour les indépendants et à 150.000 dinars (120.000 dollars) pour les partis politiques. Mais en l'absence de mécanisme de contrôle, il sera compliqué de déterminer si les candidats ont respecté ces limites.

Si certains passants s'attardent devant les affiches, plus par curiosité que par intérêt, la majorité des Libyens ne savent pas comment va se dérouler le vote, ni pour qui ils voteront samedi, notamment dans la capitale et les grands centres urbains, où les liens tribaux sont distendus.

Ahmed Belhaj Larbi, 60 ans, observant une affiche électorale sur la façade d'un magasin à Tripoli, affirme ne pas connaître les candidats en lice dans sa circonscription de Hay al-Andlous, un quartier résidentiel du centre de la capitale.

Ce retraité de La Poste, a reconnu ignorer la procédure à suivre pour voter, affirmant qu'il se contentera d'"imiter les autres" le jour du scrutin.

Les 18 jours de la campagne n'ont pas suffit aux Libyens à se familiariser avec les candidats et le processus électoral, malgré les dépliants et guides édités par la Commission électorale.

La Commission reconnaît le manque de sensibilisation et déplore le peu d'efforts faits par les médias pour vulgariser et diffuser ces informations auprès de la population.

L'écrasante majorité des candidats sont de nouveaux visages en politique. Certains sont revenus au pays après plusieurs années d'exil. En effet, former un parti politique sous l'ère Kadhafi était assimilé à une haute trahison.

"Les Libyens nourrissent de grands espoirs sur ces élections en tant que première étape devant jeter les bases d'un Etat de droit doté d'institutions fiables assurant une alternance pacifique au pouvoir", a estimé Abdelmajid Mahjoub, un universitaire, qui qualifie les élections de "délivrance" pour le pays.

La Libye et ses partenaires internationaux ne s'attendent pas à un processus électoral parfait, mais espèrent surtout qu'il se déroule pacifiquement, notamment après des menaces de boycott et de sabotage dans l'Est du pays et de violents affrontements à l'ouest et dans le désert libyen ces derniers mois.

"Ce vote peut être assimilé à une répétition" pour les scrutins à venir, a estimé un diplomate occidental.

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