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Vente d'armes/ONU: accord sur la participation palestinienne à la conférence

03/07/2012 08:02 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

La conférence de l'ONU sur un traité réglementant le commerce des armes a repris ses travaux mardi soir à New York après un compromis sur la participation palestinienne, ont indiqué des diplomates.

Cette réunion avait été officiellement ouverte mardi matin, avec 24 heures de retard, puis suspendue pendant plusieurs heures.

Les Palestiniens, de même que le Saint-Siège, estimaient "être en droit de participer à cette conférence", selon l'ambassadeur palestinien à l'ONU Riyad Mansour. Mais des pays comme les Etats-Unis et Israël s'opposaient à toute solution qui donnerait aux Palestiniens un statut supérieur à leur statut actuel d'observateurs.

Les Palestiniens ont tenté en vain en septembre dernier de se voir reconnaître comme Etat membre de l'ONU. Ils ont obtenu en octobre leur admission à l'Unesco.

Finalement, les Palestiniens et le Vatican siégeront à la conférence dans les premiers rangs des délégations, mais en tant qu'observateurs, et ne demanderont pas à être reconnus comme Etats participants. Le Saint-Siège a cependant protesté en séance, affirmant que cet arrangement "ne devait pas créer de précédent", selon un participant à la réunion.

"En fait, ils (les Palestiniens) vont être assis juste avant le +A+ comme Afghanistan, au lieu de l'être après le +Z+ comme Zimbabwe, mais cela ne change pas leur statut", a expliqué un diplomate. "Au moins, la conférence peut se poursuivre", a-t-il ajouté, alors que la querelle "menaçait de saboter cette importante réunion".

Les négociations doivent durer jusqu'au 27 juillet entre les 193 pays membres, afin de tenter de mettre au point un traité international sur le commerce des armes classiques (TCA). Ce commerce sous toutes ses formes (ventes, transferts de technologies, pièces détachées) représente un marché de 70 milliards de dollars par an.

Le futur TCA doit empêcher les transferts d'armes qui pourraient être utilisées contre les populations civiles ou alimenter un conflit, en se fondant sur des critères précis.

Le diplomate argentin Roberto Garcia Moritan, qui avait piloté les réunions préparatoires à la conférence, a été élu pour présider les travaux.

A l'ouverture de la conférence mardi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait estimé que l'absence de régulation des ventes d'armes dans le monde était "un scandale". "Le monde est surarmé alors que la paix n'a pas assez de moyens", avait-il lancé.

L'Egypte, au nom du groupe des pays arabes, avait bloqué le début des travaux lundi en exigeant que l'Union européenne (UE) soit exclue des discussions au siège de l'ONU si les Palestiniens ne pouvaient pas y participer.

Les Palestiniens ont un statut d'observateur à l'ONU mais l'UE, également observateur, jouit de droits plus étendus.

Selon Brian Wood, chargé du contrôle des armements au sein de l'organisation Amnesty international, il n'y a maintenant "plus de temps à perdre en querelles de procédures". "Nous avons perdu deux jours, c'est regrettable car la communauté internationale devrait se concentrer sur la mise au point de ce traité".

avz/sam

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