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Rééquilibrage budgétaire: le FMI exhorte les USA à ne pas faire trop de zèle

03/07/2012 01:27 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Le Fonds monétaire international (FMI) a exhorté mardi les Etats-Unis à ne pas réduire trop vite leur déficit budgétaire étant donné la faiblesse de la croissance économique américaine et les risques "élevés" qui selon lui la guettent.

"Il est essentiel [pour les Etats-Unis] de faire en sorte que le rythme d'assainissement des finances publiques à court terme soutienne la croissance, en faisant disparaître la menace d'un rééquilibrage budgétaire très important en 2013", écrit le FMI dans son rapport annuel sur l'économie américaine.

Loin de considérer l'assainissement des finances publiques du pays comme une question secondaire, le Fonds juge tout aussi essentiel que Washington adopte rapidement "un plan crédible de retour à la viabilité budgétaire à moyen terme".

Ces recommandations tombent alors que le Congrès est en situation de blocage quasi permanent sur les questions budgétaires depuis que les républicains ont repris le contrôle de la Chambre des représentant en janvier 2009, ce qui impose au camp démocrate du président Barack Obama de composer avec eux pour faire avancer ses projets.

Mais le bipartisme a du plomb dans l'aile et les positions des uns et des autres ont tendance à se radicaliser en cette année électorale, si bien que le pays commence à s'inquiéter de ce qu'il est désormais convenu d'appeler le "mur budgétaire" ("fiscal cliff") contre lequel l'économie risque de se briser en 2013.

En effet, faute d'accord d'ici à la fin de l'année sur la façon de réduire la dette publique, qui représente environ 100% du PIB américain, un certain nombre de mesures de relance et de réductions d'impôt expireront en même temps qu'entreront en vigueur des baisses automatiques des dépenses publiques.

Reprenant l'estimation du Bureau du budget du Congrès (CBO), organisme indépendant des partis, pour qui le "mur budgétaire" représente un manque à gagner de 3,8% du PIB, le Fonds prévient que cela pourrait faire baisser le taux de croissance des Etats-Unis "bien au-dessous de 1%" en 2013 et donner lieu à une baisse du PIB "au début de l'année suivante et à des répercussions négatives considérables pour l'économie mondiale, déjà fragile".

Nombre d'analystes estiment qu'aucun accord politique ne sera possible avant les élections présidentielles et législatives de novembre, mais que les deux camps finiront bien par s'entendre avant la fin de l'année.

Pour le FMI, il ne saurait être question de temporiser, et les élus doivent également agir pour relever la limite légale de la dette publique, sans attendre que cette question se pose de nouveau à l'automne, afin d'éviter la réédition du psychodrame politique de l'été 2011, où l'obstination des deux camps à ne pas s'entendre sur ce point avant la dernière heure avait fait trembler l'économie mondiale.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a agité le spectre d'une "perte de confiance" à l'échelle mondiale "si la menace du mur budgétaire et du plafond de la dette n'est pas écartée".

Le Fonds recommande aux Etats-Unis de viser un déficit de 6,3% du PIB en 2013 (au lieu des 5,5% prévus par la Maison Blanche). A ce niveau, estime-t-il, la progression de la dette publique (rapportée au PIB) serait enrayée, mais une réduction plus forte du déficit "serait trop rapide, compte tenu de la faiblesse de la croissance", qui devrait selon lui atteindre 2% en 2012 et 2,3% en 2013, et des risques que continue de poser la situation en Europe.

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