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Québec veut retirer une infime partie des poêles à bois polluants

03/07/2012 02:53 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Quebec veut se débarrasser des vieux poêles à bois polluants, mais se fixe un objectif bien modeste.

Le gouvernement vise à retirer 5000 appareils non conformes de la circulation, soit une infime proportion, moins de un pour cent, des 650 000 poêles installés dans des résidences au Québec.

Le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, a défendu le nouveau programme lancé mardi, baptisé «Changez d'air». Il a refusé d'y voir une simple goutte d'eau dans un océan.

«C'est un départ pour le gouvernement, il faut le voir comme un incitatif, c'est quand même 5000», a-t-il déclaré en conférence de presse à Québec.

Le parc de poêles à bois qui servent de source de chauffage est évalué à plus de 656 000 unités au Québec. On ignore toutefois quelle est la part de ces unités qui est obsolète, non conforme aux nouvelles normes en vigueur depuis 2009, mais on peut estimer qu'elle est très élevée, selon l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA).

À compter du 15 août, le programme propose jusqu'à 600 $ au propriétaire d'un vieux poêle pour qu'il le remplace par un appareil conforme, qui peut coûter en général entre 1000 et 2000 $. L'incitatif financier peut atteindre 900 $ s'il faut également modifier la cheminée.

Administré par l'AQLPA, «Changez d'air» couvre tout le Québec, sauf l'île de Montréal, où un programme similaire existe déjà. Le gouvernement met un peu plus de 2 millions sur la table, mais les manufacturieurs, les détaillants font aussi leur part.

Les poêles à bois sont responsables de 40 pour cent des émissions particules fines, autrement dit de la suie, au Québec. Cette suie est à la source des épisodes de smog hivernal de plus en plus fréquents, même dans les régions rurales.

Le remplacement de 5000 poêles permettrait de réduire l'émission de particules fines de 350 à 565 tonnes par année, ainsi que de réduire l'émission de CO2, des oxydes d'azote (NOX) et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

«Peu de gens réalisent l'impact très dévastateur (des vieux poêles à bois) pour la santé des gens, a dit le président de l'AQLPA, André Belisle. Le chauffage au bois à la campagne, c'est un charme, le chauffage au bois en ville, c'est un drame.»

Selon lui, il y aura donc moins de gens dans les hôpitaux en raison de problèmes respiratoires.

Un poêle neuf émet jusqu'à 10 fois moins de particules qu'un poêle non conforme, quatre grammes/heure par rapport à 40 grammes/heure, a indiqué le dirigeant d'un manufacturier de poêles, Marc-Antoine Cantin, qui préside aussi une association de manufacturiers dans ce domaine.

Quant au sort des anciens poêles mis hors service, leur métal sera recyclé.

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