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Québec: Bertrand Delanoë rencontre les leaders de la contestation étudiante

03/07/2012 02:04 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Le maire de Paris Bertrand Delanoë a rencontré mardi des responsables du mouvement étudiant québécois, dont la lutte contre les droits de scolarité a fait le tour du monde, mais s'est gardé de les soutenir pour ne pas s'ingérer dans les affaires de la province francophone.

"J'ai eu envie de comprendre. Figurez-vous que des manifestations il y en a à Paris, je crois que je bats tous les records. Donc on peut écouter les manifestants, sans chercher à prendre parti", a déclaré le maire PS de Paris.

"Si c'était un régime totalitaire je soutiendrais les démocrates contre le totalitarisme, mais là il ne s'agit pas de ça... J'ai à respecter la démocratie québécoise", a ajouté M. Delanoë, qui s'est entretenu avec les responsables étudiants dans un hôtel de Québec en marge du premier forum mondial sur la langue française.

"Je leur ai dit: je vous écoute car je suis toujours en curiosité de savoir comment vit le Québec, et j'aime connaître tous les points de vue même quand ils sont différents mais je n'aimerais pas que vous utilisiez cette rencontre comme un soutien, une prise de position".

Manifestations nocturnes, marches géantes, concerts de casseroles dans les rues, heurts entre policiers et protestataires: le Québec a vibré au cours des derniers mois au rythme d'une contestation estudiantine sans précédent contre la hausse de 82% sur sept ans des droits de scolarité à l'université décrétée par le Premier ministre libéral de la province Jean Charest.

Les allégations de corruption et les critiques contre le développement minier du Grand Nord se sont greffés au discours sur l'éducation dans ce que les manifestants et la presse internationale ont qualifié de "printemps érable".

M. Delanoë a d'ailleurs refusé de porter le "carré rouge", symbole de la contestation étudiante signifiant que les étudiants seront "carrément dans le rouge", donc trop endettés, si le gouvernement québécois hausse les droits de scolarité.

"Il s'est montré très ouvert, très intéressé, ça démontre une certaine sympathie" au mouvement étudiant québécois, mais sans toutefois prendre position, a déclaré à l'AFP Martine Desjardins, présidente de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ).

Selon elle, le maire PS de Paris a posé "beaucoup de questions" et cherchait entre autres à comprendre les retombées et les impacts du conflit sur les étudiants.

La question des droits de scolarité devrait revenir à l'avant-scène de la politique québécoise au cours des prochains mois. De hauts responsables du gouvernement ont récemment affirmé que des élections anticipées à l'automne étaient la seule façon de trancher ce conflit.

Les mouvements étudiants québécois vont adopter au cours de l'été leur stratégie en vue d'élections qui pourraient ramener au pouvoir les indépendantistes du Parti québécois, dans l'opposition depuis 2003.

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