POLITIQUE

Campagne publicitaire lancée par la SAAQ contre la fatigue au volant

03/07/2012 11:09 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a décidé de s'attaquer à la fatigue au volant.

Troisième cause de décès sur les routes après l'alcool et la vitesse, la fatigue au volant sera le point central de la prochaine campagne publicitaire sur la sécurité routière de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Le problème est observé depuis plusieurs années mais demeure largement sous-estimé chez les conducteurs qui négligent trop souvent de considérer leur état de fatigue avant de prendre le volant, selon les données du ministère et de la SAAQ.

«Les effets sont sournois. La fatigue affecte le jugement et le conducteur devient un bien mauvais juge de son état. Il a tendance à surestimer sa vigilance et à sous-estimer son état de fatigue. C'est un peu comme si quelqu'un avait trop bu et qu'il s'imaginait qu'il est tout à fait en état de conduire», a précisé mardi le ministre des Transports, Pierre Moreau.

Chaque année, selon la SAAQ, 116 personnes meurent et 9410 autres sont blessées, en moyenne, dans un accident lié à la fatigue.

À l'instar de l'alcool, l'accumulation de fatigue affecte le jugement, les réflexes et diminue la concentration, ce qui mine les capacités des conducteurs. Pourtant, nombre d'automobilistes refusent de reconnaître les signes de fatigue et s'engagent sur la route en jaugeant mal leurs capacités à demeurer alerte et en état de conduire.

En pleine saison de vacances estivales et de longs trajets, la SAAQ lancera une campagne d'information du 9 juillet au 19 août. Les messages porteront sur l'importance, pour les conducteurs, de respecter leurs propres limites et de s'arrêter pour se reposer dès que la fatigue se manifeste.

Le ministre Moreau souhaite que les conducteurs prennent l'habitude de bien évaluer leur état de conduire. Selon le bilan routier 2011 présenté plus tôt cette année, un conducteur sur deux impliqués dans un accident avait dormi moins de six heures la veille de l'accident. Le risque est aussi accru après des trajets de plus de 17 heures de conduite.

«Pour prévenir les risques, le conducteur doit accepter ses limites. Accepter qu'il ne peut pas toujours tout faire, comme entreprendre de longs trajets après une journée de travail pour commencer rapidement ses vacances. Le corps a besoin de sommeil pour effectuer des tâches complexes tel que conduire un véhicule, et ça, personne ne peut y échapper», a insisté le ministre.

Cette notion inévitable d'apprendre à reconnaître les signes de fatigue, Sandra Veilleux l'a appris à la dure. Victime d'un accident de la route après avoir succombé à la fatigue, elle estime que la lutte est inutile et futile.

«J'ai pris des boissons énergisantes, baissé la vitre, mis de la musique plus forte: rien de tout ça ne marche. Encore aujourd'hui, il n'y a pas une journée qui passe sans avoir mal à ma cheville. J'ai eu beaucoup de séquelles, psychologiquement aussi. C'est difficile de s'en remettre», a confié la jeune femme avec émotions.

En situation de fatigue, un conducteur éprouve de la difficulté à prendre de bonnes décisions sur la route. Il lui faut plus de temps pour réagir, et son champ de vision s'en trouve réduit. Tous ces éléments l'empêchent de distinguer avec discernement ce qui se trouve à proximité ou ce qui pourrait surgir sur le côté.