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«Mars et Avril» à Karlovy Vary: «Mission accomplie», dit Martin Villeneuve

03/07/2012 02:36 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Martin Villeneuve pousse un soupir de soulagement. Le film «Mars et Avril», qu'il a porté à bout de bras pendant environ sept ans, a été fort bien reçu lors de sa première mondiale en République tchèque.

«La réception du public était tellement chaleureuse et enthousiaste que ça m'a mis tout à fait en confiance», a lancé le cinéaste à l'autre bout du fil depuis Karlovy Vary, mardi.

Le long métrage inspiré des romans graphiques signés par Martin Villeneuve a été projeté lundi dans le cadre du 47e Festival international du film de Karlovy Vary.

«J'étais content de voir que les gens riaient au bon endroit, qu'ils étaient émus au bons endroits, a poursuivi le réalisateur. Je me suis dit que le 'storytelling' marchait, alors je pense que je peux dire: mission accomplie!»

Les quelque 250 spectateurs qui étaient dans la salle — surtout des jeunes âgés entre 20 et 30 ans, selon le cinéaste — ont réservé des applaudissements nourris, a-t-il dit, à ce film de science-fiction mettant en vedette Caroline Dhavernas et Jacques Languirand. Ce dernier, principalement connu à titre de communicateur, d'animateur et de vulgarisateur, est un comédien hors pair, a fait valoir Martin Villeneuve.

«Je pense qu'il va en étonner plusieurs dans son rôle, parce que sa performance est vraiment extraordinaire. Quand j'avais fait les livres qui ont inspiré le film, j'avais déjà contacté Jacques parce que c'était à lui que je pensais en écrivant le rôle du vieux musicien.»

Dans le long métrage, qui a pour trame de fond une Montréal futuriste, Jacques Languirand incarne Jacob, un musicien qui découvre l'amour avec une muse, Avril (Caroline Dhavernas).

À l'automne, «Mars et Avril» débarquera peut-être comme un ovni dans le paysage cinématographique québécois — rares sont les longs métrages d'ici qui possèdent une telle facture visuelle, signale M. Villeneuve.

C'est peut-être justement cette singularité qui a permis au projet de se concrétiser après avoir été confronté à de nombreux écueils, a suggéré le réalisateur.

Le film suscite sans contredit une certaine curiosité: la bande-annonce sur Internet a été visionnée plus de 50 000 fois, et la page Facebook du film est suivie par 20 000 personnes.

Le réalisateur de 34 ans s'est entouré d'une solide équipe pour mener à bon port ce projet de long métrage, dont le tournage s'est achevé en 2009.

À la conception visuelle, il a recruté le dessinateur belge François Schuiten («Les Cités obscures», lauréat du Grand Prix de la Ville d'Angoulême en 2002). La composition musicale a été confiée à Benoît Charest, qui avait décroché une nomination aux Oscars pour la trame musicale du film d'animation «Les Triplettes de Belleville».

Il s'est également adjoint les services de son frère aîné, le réalisateur Denis Villeneuve («Incendies»), qui a agi à titre de conseiller à la scénarisation.

«Il a donné la petite couche de vernis au scénario. Je l'avais appelé pour lui demander s'il connaissait quelqu'un qui pourrait agir comme consultant à la scénarisation sur mon film, et il s'est proposé de lui-même. Je n'aurais pas osé lui demander», a-t-il relaté.

Le long métrage a été présenté dans la catégorie «Another View» au festival de Karlovy Vary, l'équivalent de la section «Un certain regard» du Festival de Cannes.

L'an dernier, le festival tchèque avait présenté une rétrospective de l'oeuvre de Denis Villeneuve. En arrivant à Karlovy Vary cette année, son frère cadet n'était donc pas en territoire tout à fait inconnu.

«Denis m'avait dit qu'il était venu deux fois à ce festival-là, que c'était vraiment un festival extraordinaire et qu'une invitation comme celle-là, il ne fallait pas la louper», a affirmé Martin Villeneuve.

«Mars et Avril» prendra l'affiche au Québec en octobre. Avant de débarquer dans les salles québécoises, il se retrouvera dans la programmation d'«un autre festival» — non précisé — d'ici sa sortie en salles.

D'ici là, Martin Villeneuve ne chômera pas. Il planche simultanément sur trois scénarios, dont «Aquarica», un film d’animation en images de synthèse qu'il coscénarise avec François Schuiten et Benoît Sokal, et dont il assurera la réalisation. Les deux autres projets verraient le jour aux États-Unis et au Québec.

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