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Mali: un "gouvernement d'union nationale", préalable à une intervention (Condé)

03/07/2012 08:17 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

Un "gouvernement d'union nationale" au Mali aura seul "la légitimité pour demander l'intervention d'une force africaine" dans le nord du pays, a déclaré mardi à l'AFP le président guinéen Alpha Condé, jugeant prioritaire de régler "le problème de Bamako".

"Un gouvernement d'union nationale aura la légitimité pour demander l'intervention des troupes africaines au nord. On ne peut pas résoudre le problème du nord si on ne résout pas d'abord le problème de Bamako", a-t-il affirmé.

Alpha Condé a par ailleurs établi une distinction claire entre les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et les groupes islamistes présents dans le Nord-Mali.

"Nous distinguons deux choses au Mali: le MNLA qui a une revendication identitaire. Il n'est pas question de faire la guerre avec eux. Nous devons trouver une solution avec eux dans le cadre d'un Mali uni", a-t-il affirmé.

"Toutes les autres forces, qu'elles soient touareg, qu'elles soient autres, à partir du moment où elles sont terroristes, nous devons les combattre", a ajouté le president de Guinée.

Un mini-sommet de chefs d'Etat ouest-africains avec des représentants de la classe politique et de la société civile du Mali aura lieu samedi à Ouagadougou afin de mettre en place un "gouvernement d'union nationale" dans ce pays, a annoncé lundi la médiation burkinabè.

Ce gouvernement de "large consensus" devra gérer le défi de "la gestion de la crise du Nord" malien, dominé par des groupes islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la création de "conditions" pour "la tenue d'élections présidentielles pour sortir de la transition", selon la médiation.

"La mise en place du gouvernement d'union nationale doit se faire en même temps que la présence de troupes à Bamako pour sécuriser les hommes politiques. Et il ne faut pas trop attendre pour intervenir ensuite au Nord. Plus on perd du temps, plus Aqmi s'installe", a ajouté le président guinéen.

"Il faut aider l'armée malienne à se reconstituer. Une intervention se fera nécessairement avec l'armée malienne", a-t-il insisté, ajoutant que l'appui des puissances occidentales était souhaité mais qu'il n'y aurait "sur le terrain que des troupes africaines".

Interrogé pour savoir si les combattants du MNLA qui seraient prêts à rejoindre ou appuyer une force d'intervention régionale seraient bien accueillis, il a répondu: "Bien sur, ils sont des Maliens".

sb/prh/jms

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