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Les travailleurs humanitaires canadiens libérés en Somalie se reposent au Kenya

03/07/2012 03:03 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

TORONTO - De grands pieds et un portefeuille judicieusement placé ont permis à un travailleur humanitaire canadien de s'en tirer après avoir été enlevé à la pointe du canon dans un camp de réfugiés au Kenya, et emmené avec trois autres captifs en Somalie voisine, ont indiqué les parents du Canadien en question, mardi.

Rassurés après des journées d'inquiétude, Carol-Ann et Peter Dennis ont partagé quelques blagues qui ont permis à leur fils Steve de passer au travers de ces durs moments.

Selon ses parents, la taille de ses pieds a permis aux équipes de sauvetage de retrouver la trace des personnes enlevées.

M. Dennis, un Torontois âgé de 37 ans, et Qurat-Ul-Ain Sadazai, une femme de 38 ans originaire de Gatineau, faisaient partie d'un groupe de quatre travailleurs humanitaires enlevés vendredi dans l'immense camp de réfugiés de Dadaab, au Kenya, tout près de la frontière somalienne.

Leur chauffeur kenyan a été tué lorsque quatre assaillants ont attaqué leurs deux véhicules. Le groupe a plus tard abandonné un véhicule volé et les ravisseurs ont franchi la frontière à pied avec leurs captifs.

Une milice favorable au gouvernement somalien les a libérés lundi, plusieurs kilomètres à l'intérieur de la Somalie, lors d'une intervention qui a provoqué la mort de l'un des kidnappeurs.

La Norvégienne Astrid Sehl, âgée de 33 ans, et le Philippin Glenn Costes, âgé de 40 ans, avaient également été enlevés. M. Costes a d'ailleurs été blessé par balle lors du kidnapping, tandis que M. Dennis a été éraflé par un projectile.

«Dans le cas de Steve, la balle a directement frappé le portefeuille qu'il porte dans sa poche avant. Cela l'a éraflé légèrement, a déclaré le père de celui-ci. Il dit qu'il a été sauvé par ses cartes de crédit.»

M. Dennis a par ailleurs dit à ses parents que les ravisseurs avaient traité leurs prisonniers avec respect.

Rolf Vestvik, du Conseil norvégien pour les réfugiés qui emploie les travailleurs humanitaires, a déclaré mardi, en provenance d'Oslo, que les ex-otages prenaient un jour de repos avant d'examiner leurs options.

Au dire de M. Vestvik, Steve Dennis est «très favorable» à l'idée de retourner à Dadaab et y continuer son travail.

Les parents du Torontois se disent d'ailleurs bien conscients et attristés que deux autres travailleurs humanitaires, espagnols cette fois, sont toujours détenus, huit mois après avoir été enlevés du même camp kenyan. Le couple a également présenté ses condoléances au chauffeur tué.

Steve Dennis a travaillé pour le Conseil norvégien au Kenya pendant un an, mais a également une longue expérience en matière de travail humanitaire.

Dadaab est le plus important camp de réfugiés du monde, avec une population croissante qui a déjà dépassé les 464 000 individus.

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