NOUVELLES

Le gouvernement grec fait état de données «alarmantes» sur la récession

03/07/2012 08:55 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Le nouveau gouvernement grec va présenter à la délégation de la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) attendue mercredi à Athènes des données «alarmantes» sur la récession et le chômage en Grèce, a indiqué son porte-parole Simos Kedikoglou.

D'après le vice-ministre des Finances, le recul du produit intérieur brut (PIB) pourrait atteindre 6,7 pour cent en 2012, près du double des prévisions initiales.

La délégation de la troïka va procéder à une évaluation de la situation budgétaire grecque et vérifier le respect des engagements pris par Athènes en échange de l'aide de la zone euro et du FMI. Pour le chef du Parti socialiste grec (PASOK) Evangelos Venizelos, la renégociation des conditions des prêts accordés à la Grèce est inévitable.

Selon Simos Kedikoglou, «nous allons présenter (à la troïka) des informations (...) alarmantes en terme de récession et de chômage. Elles montrent de façon incontestable que la politique actuelle (d'austérité) ne produit pas de résultats» et se révèle même contre-productive, a-t-il expliqué lors d'un entretien à la chaîne de télévision privée Antenna.

La situation économique est désormais «intenable», a de son côté souligné le vice-ministre des Finances, Christos Staikouras, citant des chiffres du Centre grec de planification et de recherches économiques (KEPE). Le PIB, a-t-il expliqué, s'est contracté de 6,5 pour cent au premier trimestre 2012. Il devrait reculer selon les prévisions de 9,1 pour cent au troisième trimestre et de 6,7 pour cent pour toute l'année 2012.

Le gouvernement de coalition d'Antonis Samaras, composé de Nouvelle Démocratie (ND, droite), du PASOK et du petit parti de la Gauche démocratique, réclame un assouplissement des mesures d'austérité imposées à la Grèce en échange des deux plans d'aide de la zone euro et du FMI.

Fin juin, le nouveau gouvernement a ainsi demandé un délai supplémentaire d'au moins deux ans, jusqu'à la mi-2016, pour mettre en oeuvre les réformes d'ajustement budgétaires, notamment fiscales. Il s'agit de «soutenir la demande, le développement, et l'emploi», selon le communiqué gouvernemental.

L'objectif général est de réduire le déficit «sans nouvelles coupes dans les salaires, les pensions ou le programme d'investissement public», en luttant «contre le gaspillage, la corruption et l'évasion fiscale», a ajouté le gouvernement. La Grèce est entrée dans sa cinquième année de récession, avec un taux de chômage atteignant 22 pour cent.

«La Grèce, quel que soit le gouvernement qui la représente, ne peut pas rester indifférente à cette profonde récession (...) La prolongation du programme d'ajustement économique est la pierre angulaire de la stratégie du pays, et la base de la coopération de la coalition gouvernementale», a commenté M. Venizelos.

PLUS:pc