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Le gouvernement birman libère au moins 20 prisonniers politiques

03/07/2012 11:40 EDT | Actualisé 02/09/2012 05:12 EDT

RANGOON, Myanmar - Le gouvernement birman a amnistié au moins 20 prisonniers politiques mardi, mais la chef de file de l'opposition, Aung San Suu Kyi, a appelé à la libération de centaines d'autres qui sont toujours derrière les barreaux.

Un membre de l'opposition chargé de suivre les libérations de prisonniers, Zaw Thet Htwe, a affirmé qu'au moins 20 des 46 détenus qui se sont vus accorder une amnistie par le président Thein Sein étaient des prisonniers d'opinion. Il a confirmé que 14 d'entre eux avaient effectivement été libérés.

L'organisation étudiante Génération 88, qui a été à la tête du soulèvement réprimé par les militaires en 1988, a quant à elle affirmé que 24 prisonniers politiques faisaient partie des personnes devant être libérées mardi.

Pour les pays occidentaux critiques vis-à-vis de l'ancienne junte militaire, la libération des prisonniers politiques est un critère essentiel pour juger de la bonne foi du régime de Thein Sein. Les précédentes libérations de détenus ont contribué à alléger les sanctions économiques et politiques qui pesaient sur le précédent gouvernement birman.

Selon l'organisation Human Rights Watch, au moins 659 prisonniers politiques birmans ont été libérés au cours de l'année qui vient de s'écouler. D'après les estimations de mouvements de défense des droits de la personne, la Birmanie compterait encore de 200 à 600 prisonniers d'opinion. Selon la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d'Aung San Suu Kyi, il y en aurait 330.

«Nous appellerons à la libération de la totalité des 330 prisonniers politiques», a déclaré Aung San Suu Kyi mardi lors d'une conférence de presse. Il s'agissait de la première apparition publique de la lauréate du prix Nobel de la paix depuis son retour d'Europe, où elle a passé deux semaines à l'occasion de son premier voyage à l'étranger depuis 24 ans.

Le journal gouvernemental «New Light of Myanmar» a annoncé que 37 hommes et neuf femmes avaient obtenu l'amnistie. Le journal précise que cette décision a été prise pour des raisons humanitaires «avec l'intention d'assurer la stabilité de l'État» et d'aller vers «une paix éternelle et une réconciliation nationale».

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