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JO-2012 - Ryad exige un label islamique pour ses athlètes aux JO

03/07/2012 04:36 EDT | Actualisé 01/09/2012 05:12 EDT

Le royaume ultraconservateur d'Arabie saoudite, un véritable désert pour le sport féminin, a exigé un label islamique pour la participation de ses athlètes femmes aux JO, alors que ses voisins du Golfe vont y envoyer dix-huit représentantes féminines, un nombre inédit.

Pressée par le Comité international olympique (CIO) de faire participer des femmes aux JO, l'Arabie saoudite a posé une série de conditions, reflétant des réticences d'ordre religieux.

Le patron du sport saoudien, le prince Nawaf ben Fayçal, a exigé une tenue islamique, la présence d'un parent proche et la non mixité pour que puisse être acceptée la participation de toute Saoudienne aux Jeux de Londres.

Nul ne sait pour le moment si les organisateurs des JO vont accepter ou non les conditions de l'Arabie saoudite où, sous le poids de la tradition, la télévision publique ne montre jamais de compétitions sportives féminines.

Human Rights Watch a prévenu le 25 juin que le sport était toujours interdit à des millions de femmes en Arabie saoudite, en dépit de l'annonce de la possible participation d'une Saoudienne aux JO de Londres, la cavalière Dalma Rushdi Malhas, qui ne s'est finalement pas qualifiée.

Pour le prince Nawaf, toute athlète saoudienne doit être habillée selon les normes de la charia (loi islamique), qui interdit la nudité. Elle doit avoir l'accord d'un proche parent, qui se doit de l'accompagner, et elle doit prendre part aux compétitions dans un environnement respectant la non mixité.

En outre, à la fois l'athlète sélectionnée et son proche parent doivent s'engager à respecter ces trois règles, a-t-il ajouté.

Face aux pressions des instances sportives internationales pour faire participer des femmes, l'Arabie saoudite avait longuement expliqué ne pas avoir d'athlètes à aligner dans les compétitions internationales.

"Mais maintenant, nous en avons, à l'intérieur comme à l'extérieur, et certaines ont fait part aux unions internationales et au CIO de leur désir de participer à des compétitions internationales", a précisé le prince Nawaf.

L'Arabie saoudite, le Qatar et Brunei sont les trois seuls pays à n'avoir jamais envoyé de femmes aux JO.

Les autres monarchies du Golfe présentes à Londres

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Mais le Qatar a déjà sélectionné quatre athlètes féminines pour Londres, le petit royaume de Bahreïn huit, le Koweït trois, les Emirats arabes unis deux et le sultanat d'Oman une.

Cette participation est le signe d'une évolution dans les sociétés conservatrices du Golfe, qui commencent à favoriser le sport féminin, notamment au Qatar, qui entretient de grandes ambitions sportives.

"Nous sommes très heureux de la participation des athlètes femmes aux jeux Olympiques", a souligné cheikh Saoud ben Abdel Rahmane Al-Thani, secrétaire général du Comité Olympique du Qatar.

Selon lui, le sport féminin au Qatar commence à s'affirmer, les athlètes femmes de son pays ayant remporté 32 médailles, dont 8 d'or, lors des derniers Jeux Arabes.

Après avoir obtenu le Mondial de football de 2022, le Qatar s'est porté candidat pour les JO de 2020 mais a été écarté, sans renoncer à vouloir présenter sa candidature pour ceux de 2024.

Le petit royaume de Bahreïn compte quant à lui sur un podium en alignant Mariyam Jamal, double championne du monde du 1.500 mètres.

"Notre participation va donner de l'impulsion au sport féminin à Bahreïn et dans la région", se félicite cheikh Khaled ben Abdallah Al-Khalifa, directeur exécutif du Comité olympique bahreïni.

La délégation des Emirats arabes unis comptera deux femmes (haltérophilie et 1.500 mètres) qui ont été qualifiées en bonne et due forme lors de sélections régionales, selon Awatef Moutawa, dirigeante sportive.

Le Koweït et le sultanat d'Oman alignent respectivement trois et une athlète féminine, ayant déjà envoyé des femmes dans de nombreuses compétitions sportives.

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